Récits de l'horreur quotidienne à Verdun en 1916

Innombrables sont les récits qui montrent l’horreur de la vie et de la mort; deux notions très proches à Verdun.

Récits à peine soutenables de la démence.

Démence individuelle de ce soldat français qui courait dans la nuit, dépouillé de tous ses vêtements, sous les rafales d’obus en appelant sa mère ; démence collective de ces soldats allemands que rapporte l’écrivain Fritz von Unruh : « Soudain, portes et fenêtres s’ouvrirent, comme arrachées de leurs gonds. Soldats, officiers et même le général se précipitèrent dans la rue et restèrent pétrifiés. Comme une vision d’enfer, descendant de l’église et traversant le village, un troupeau de soldats déments passa auprès d’eux. Quelques-uns tenaient à la main des membres déchirés et les balançaient comme des matraques, de sorte que des lambeaux de chair volaient. La panique leur découvrait les gencives.
Le général leur cria quelque chose ; ils rirent sauvagement. Il poussa à leur rencontre des hommes de son poste. « Arrêtez-les ! Atroce, atroce !  » Mais avant qu’on eût pu en saisir un seul, ils avaient dégringolé la pente et disparu. Toutes les prunelles étaient dilatées par ce spectacle, comme si la terre se fût entrouverte subitement […]
« D’où viennent ces gens ? De la bataille, Votre Excellence. Atroce, atroce ! ». »

Récits de l'horreur quotidienne à Verdun

Récits à peine soutenables de la démence et de l'horreur à la bataille de Verdun en 1916.

Des plaintes continuent à sortir de l’abri sous lequel mes 15 hommes sont enterrés ; malgré leur faiblesse, elles me parviennent distinctement entre deux rafales. En face de moi et à hauteur d’homme, émerge la tête, rien que la tête, du tailleur de la compagnie, le meilleur soldat de ma section, dont tout le corps est enseveli et qui a le cou pris entre deux énormes rondins formant étau. C’est un spectacle macabre que cette tête de guillotiné […] Je la fais recouvrir à plusieurs reprises d’une toile de tente, mais les hommes qui circulent dans le boyau, la touchent en passant, la toile tombe et la tête réapparaît, toujours plus livide et plus exsangue […]
A quelques pas de nous, dans le fond de la tranchée, gît un corps, c’est celui d’un sous-officier ; il est à moitié enterré ; on ne voit que la tête, une épaule et un bras dont la main forme crochet. Il est là depuis la veille, le bras s’est raidi et dressé, et à cette main, contre ce bras, s’accrochent et culbutent tous ceux qui vont et viennent dans le boyau. Il faudrait couper ce bras ou dégager le corps, nul n’en a le courage

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