Turreau et les colonnes infernanles en Vendée en 1794

Le 16 janvier 1794, il adresse son nouveau plan à plusieurs représentants en mission, dont son cousin et Francastel. Il prévoit la constitution de six divisions, divisées en douze colonnes d’environ 8 000 hommes chacune ayant pour mission d’avancer parallèlement d’est en ouest en Vendée militaire, à partir d’une ligne allant de Brissac (au sud d’Angers) à Saint-Maixent (à l’est de Niort).

L'heure de Turreau en Vendée en 1794

Louis-marie Turreau était né à Evreux le 4 juin 1756. Il n’était ni comédien, ni auteur dramatique, ni artisan, mais ancien surnuméraire aux Gardes d’Artois. Lancé dans la politique en 1792. il avait été porté à la tête du bataillon des Volontaires de l’Eure. Il a été très rapidement promu adjudant général le 7 juin 1793, général de brigade le 30 juillet, général de division le 18 septembre, et il va avoir sous ses ordres toutes les forces républicaines qui, avec des chefs de valeur, comme Kléber, Marceau, combattent maintenant partout victorieusement les royalistes.
En effet, depuis le décret de la Convention apeurée, la situation a beaucoup évolué. Ce n’est plus une Vendée inquiétante à qui on a affaire.
Au début de janvier 1794 la Vendée n’existait plus. Des 60000 combattants de la grande armée victorieuse, 4 et 5000 seulement, ayant pu repasser la Loire à Ancenis, avec La Rochejaquelein et Stofflet, se sont immédiatement dispersés, accablés. Leurs chefs se cachent. Charette, chassé de Noirmoutier et du pays de Retz, tient encore la campagne, seulement suivi par 400 fidèles.
C’est sur cette Vendée là que va s’acharner Turreau.
En somme le décret du 1er août n’a été que peu appliqué. S’il y a eu des destructions et de terribles massacres, ce fut, en général, dans l’action, dans la folie des combats. Voici l’heure : cette Vendée, il faut l’achever, la détruire totalement, non seulement ses maisons, ses champs, ses récoltes, mais aussi ses habitants, tous ses habitants : les hommes survivants, bien sûr, mais aussi tous les autres les enfants, les femmes, les vieillards. Tout. Plus rien que des amoncellements de cadavres sur une terre déserte. On n’aura plus à craindre cette race maudite. plus à craindre alors seulement.

Les colonnes infernales, un plan monstrueux

Ce plan. Turreau le doit en partie à son chef d’état-major, le général Robert, l’ancien comédien du théâtre de Tours (il a vingt-six ans).
Six divisions, de deux colonnes chacune, marchant d’est en ouest sur une longueur de vingt lieues, ratisseront les territoires insurgés, avec comme points de départ : Les Ponts-de-Cé, aux portes d’Angers, Brissac, Doué-la-Fontaine, près de Saumur, Argenton-le-Peuple (ci-devant Argenton-le-Chateau), Parthenay et Bressuire. Ces colonnes seront justement appelées par l’Histoire : les Colonnes infernales. Outre les localités de départ seront seules épargnées celles formant les points de ralliement : Saint-Florent-le-Vieil, Luçon, Montaigu, La Chataigneraie, Sainte-Hermine, Machecoul, Challans, Chantonnay, Saint-Vincent, Cholet ; dix localités sur l’immense territoire s’étendant de Saumur à la mer et d’Angers à Niort !
Ce plan monstrueux, Turreau l’a soumis aux Représentants en mission. Précisant que le départ des colonnes a été fixé à la fin du mois de janvier 1794. il leur écrit, le 15 et il faut lire et relire ce texte :
Mon intention est de tout incendier et de ne préserver que les points nécessaires à établir nos cantonnements propres à l’anéantissement des rebelles, mais cette grande mesure doit être prescrite par vous. Je ne suis que l’agent du Corps législatif, que vous devez représenter en cette partie. Vous devez également décider sur le sort des femmes et des enfants que je rencontrerai en ce pays révolté. S’il faut les passer tous au fil de l’épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité.

Turreau veut détruire la Vendée

De toute façon les ordres sont simples : pas question de se battre contre des hommes armés ; au contraire, il faut cesser toute attaque, éviter toute embuscade, ne plus accepter la guerre comme une lutte, mais uniquement comme un moyen de supprimer son ennemi : il faut détruire, tout détruire sur son passage, dans des « promenades » c’est le nom que leur donnent les généraux — dont la marche est précisée de semaine en semaine.
La Vendée doit devenir un désert, une contrée neuve, sans passé, sans nom (on l’appelle maintenant le département « Vengé »), sans caractère, et surtout sans habitants autochtones. Plus tard, on la peuplera de nouveaux habitants.

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