La vie quotidienne à bord des U-Boote

Par 100 mètres de fond, les sous-marins allemands ont été l’ennemi n °1 des convois alliés en Atlantique. De son expérience à bord de l’U-96, L-G Buchheim en a tiré la substance d’un roman « Le Bateau» paru en 1973 qui connut dès lors une carrière internationale.
Quelques questions sont posées à l’auteur du « Bateau »…

Les marins faisaient-ils confiance à leur capitaine ?

La confiance des équipages des U-Boote pour leurs capitaines

Une confiance illimitée, oui. Le seul combattant dans un sous-marin est le commandant du navire. Il n’y a guère de chef d’unité dans l’armée qui soit plus solitaire que le commandant d’un submersible. Il ne peut communiquer à personne les raisons de ses ordres. Quand il devait plonger au-delà de la limite viable des 100 mètres il était seul responsable.

Combien de temps un U-Boot pouvait-il rester en plongée

Cela dépendait de la profondeur. Juste au-dessous de la surface en gardant le périscope, « l’oeil du cyclope Polyphème », juste au-dessus, il pouvait rester très, très longtemps immergé. Mais il fallait que les machines soient toujours en activité. Si les moteurs ne tournent pas, le sous-marin s’enfonce ou remonte à la surface. Un sous-marin n’est pas une montgolfière zeppelin. Naturellement, on pouvait rester très longtemps sur le fond à une profondeur supportable. Le problème était alors la raréfaction de l’oxygène et l’augmentation de la teneur en azote. Mais il était possible de prolonger en respirant à travers des cartouches de potasse. Il est arrivé que des équipages tiennent très longtemps sans pouvoir remonter à la surface. Nous avons une fois renouvelé notre carburant et nos torpilles à l’intérieur d’un port neutre, à Vigo en Espagne, en les empruntant à un vapeur allemand captif. Tout cela s’est passé au-dessous de la surface. C’est un épisode trop peu connu de la guerre.

La vie quotidienne à bord des U-Boote

La vie quotidienne à bord des U-Boote

L’équipage se composait d’environ cinquante hommes, parfois un peu plus. La vie à bord se déroulait en permanence à la lumière artificielle. La nourriture était lamentable : des boîtes de conserves. Je me rappelle que la cambuse pour préparer les repas de cinquante personnes n’avait guère que deux mètres carrés. Ces sous-marins de 750 tonnes opéraient généralement à la surface pour avancer et chercher des cibles. On ne plongeait que pour attaquer ou pour échapper aux poursuites. Mais même quand il était en surface, l’accès à l’extérieur n’était possible que par une petite écoutille. Donc, cela ne faisait aucune différence pour l’équipage et les machinistes si le bateau était en surface ou en plongée. L’air dans le sous-marin était froid, mais c’était moins désagréable que l’humidité. Tout était toujours humide parce que dans les cales, il y avait toujours de l’eau qui clapotait. De plus, la respiration formait de la buée par condensation. À intervalles réguliers, on pompait cette humidité hors du navire, mais avant d’en arriver là, la sensation d’être mouillé vous remontait par les pieds, pour ainsi dire. On avait toujours l’impression d’être dans une étuve froide. J’ai pris la conscience du fait que l’homme est l’animal qui supporte le mieux la souffrance. Vous ne pourriez imposer à un animal ce qu’un homme est capable de supporter et de s’y habituer. C’est une aptitude qui est propre à l’être humain, une bête en mourrait.

En fonction de quels critères recrutait-on les hommes ?

Critères pour recruter des hommes pour les U-Boote en Allemagne

Ces hommes devaient être en parfaite santé, avoir une bonne vue, des dents solides et, s’agissant des hommes chargés des machines, il fallait maîtriser une profession de mécanicien ou d’ingénieur. Quant à l’ambiance, il y avait une grande camaraderie. Mais, dans les sous-marins, une discipline extrêmement stricte était inévitable. Le ton différait sur chaque sous-marin. Sur certains, les choses se passaient cordialement, sur d’autres, il y avait de vrais salauds parmi les sous-officiers qui, en outre, passaient leur journée à débiter des obscénités. Dans l’ensemble. cependant, on parlait peu. Les gens savaient très peu de choses sur la situation familiale de leurs camarades et l’on ne savait pas grand chose sur les sous-officiers. Mais il en est ainsi dans toutes les armées.

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