La pénible existence des sous-mariniers Allemands

Vivre à bord d’un U-Boot requiert des qualités et un moral à toute épreuve, car les conditions de vie y
sont singulièrement pénibles. La température avoisine les -10° et il est très difficile de faire sécher le moindre vêtement mouillé. L’humidité est omniprésente et donne une odeur d’huile permanente. L’hygiène est réduite à son strict

La vie des sous-mariniers dans les U-Boote

Vivre à bord des U-Boote requiert des qualités et un moral à toute épreuve, car les conditions de vie y sont singulièrement pénibles.

Les Allemands considéraient leurs sous-mariniers comme des héros qui menaient une vie exaltante mais, en réalité, l’existence à bord d’un U-Boot était toute différente. Les sous-mariniers vivaient dans un monde confiné et nauséabond et souffraient du manque de confort, de l’ennui et de la peur, comme le montrent les photographies de cette page par Lothar-Günther Buchheim, photographe allemand qui accompagna l’U-96 dans une mission. Les hommes occupaient des compartiments encombrés de moteurs, d’instruments ou de torpilles qui, une fois utilisés, cédaient enfin la place aux hamacs et aux couchettes.
Les diesels faisaient régner une température de près de 50°C. En plongée, l’air se chargeait rapidement de gaz carbonique. Il n’y avait pas de douches et personne ne se lavait pendant les missions qui pouvaient durer trois mois. A l’odeur des corps s’ajoutaient celle des latrines, de l’eau croupie des fonds de cale, de la cuisine, de la moisissure des vêtements, des émanations de mazout et de l’eau de Cologne utilisée par les hommes pour enlever le sel des embruns incrusté dans leurs visages.
Aucune intimité possible, aucun moment de calme! Les lampes étaient toujours allumées et le bruit se faisait incessant: couinement de la radio, ronronnement des pompes de fond de cale, chuintement de succion des prises d’air et cognement sourd des diesels.
Le danger planait, omniprésent: celui de l’ennemi et celui de l’Océan. En octobre 1941, emportés par une lame de fond, quatre hommes disparurent du pont de l’U-106 qui traversait par beau temps le golfe de Gascogne.
De tels accidents ne pouvaient que renforcer la maladie des sous-mariniers appelée Blechkoller (névrose de la boîte de conserve), forme de surexcitation nerveuse qui arrivait à provoquer dans les équipages des crises d’hystérie, en particulier lors des grenadages. Quand les navires alliés abandonnaient l’attaque, le premier soin d’un commandant de sous-marin consistait à faire surface. Le chef, par son expérience et son sang-froid, devait immédiatement enrayer tout début de panique à bord, en attendant que l’euphorie d’une prochaine victoire permît d’alléger la tension de l’équipage et de lui rendre son équilibre.

Le compartiment des torpilles dans un U-boot

La vie des sous-mariniers dans les U-Boote

A bord des U-Boote, le compartiment des torpilles servait également de poste pour l’équipage et de réserve à provisions — on voit ici suspendus des jambons, des sacs de pommes de terre, des saucisses et du pain car il fallait utiliser chaque pouce d’espace disponible. Au cours de missions qui duraient trois semaines, le pain noir moisissait au point que seul l’intérieur restait comestible.
Les hommes chargés des torpilles se relayaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour travailler et se reposaient à tour de rôle dans leur étroit compartiment. Ils étaient capables de dormir dans n’importe quel bruit, à l’exception de celui des explosions des grenades. Leur service terminé, les hommes, comme ceux que l’on voit ici en train de régler le mécanisme de guidage d’une torpille, mangeaient avant de s’étendre sur leurs couchettes.

Viande bouillie et pommes de terre au menu des sous-mariniers

Viande bouillie et pommes de terre au menu des sous-mariniers

Viande bouillie et pommes de terre sont au menu du repas que l’on prend assis sur sa couchette et que l’on avale hâtivement pour que les hommes de garde puissent être relevés et nourris à leur tour. On évitait ainsi au cuisinier d’avoir à préparer des repas séparés pour les différentes équipes. Pour compenser le manque total de confort, les sous-mariniers recevaient les meilleures rations de toutes les forces armées allemandes.

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