
Le 1er avril, seize B-25 furent hissés à bord du porte-avions Hornet et amarrés au pont d’envol. Au nord de Midway, le porte-avions et son escorte se joignirent au porte-avions du vice-amiral Halsey, Enterprise. Accompagnée de quatre croiseurs, de huit contre-torpilleurs et de deux pétroliers, l’escadre fit route vers le Japon. Doolittle espérait atteindre un point à 700 km du Japon pour le décollage, afin d’assurer le succès du vol vers la Chine — 1 050 km seraient la limite absolue. Cependant, un patrouilleur japonais, repéré tôt dans la matinée du 18 avril, contraignit le commandement à changer de plan. Pour ne pas faire courir de risques aux précieux porte-avions, on ordonna aux bombardiers de décoller environ dix heures avant l’heure prévue à l’origine pour l’attaque de nuit, soit à I 300 km de Tokyo.

Tandis qu’ils se préparaient au décollage, le Hornet plongeait à travers une tempête de vent soufflant à 40 noeuds qui projetait des paquets d’eau verte par-dessus l’étrave, et un homme fut affecté pour commander à chaque appareil de lâcher les freins de manière à faire coïncider son décollage avec la montée de l’avant du pont en plein tangage. L’appareil de tête de Doolittle n’avait que 160 mètres pour décoller, mais cela suffit, et, en temps voulu, le reste de l’escadrille le rejoignit. L’escadre effectua un demi-tour et s’en fut sans être interceptée ; les bombardiers volèrent à basse altitude vers le Japon, où le message du patrouilleur avait prévenu la D.C.A. de s’attendre à un raid le lendemain.