Mort de Olympe de Gouges, mère de toutes les féministes

Ancêtre du féminisme moderne, Olympe de Gouges est une des très rares militantes à avoir défendu jusqu’au bout l’idéal démocratique de 1789.

Olympe de Gouges publie une déclaration des droits de la femme

Acquise, après les événements de 1789, au principe de la monarchie constitutionnelle, Olympe de Gouges se désespère de ce que la Constituante ne reconnaisse aucun droit politique aux femmes. En septembre 1791, elle fait paraître la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de1789. Son credo : La femme naît libre et demeure égale a l’homme en droits. Cette brochure est dédiée à la reine, habile façon d’obliger celle-ci à se déclarer solidaire.
Olympe y préconise des réformes, dont la réalisation occupera les deux siècles à venir : instauration du divorce, remplacement du mariage religieux par un contrat d’union civile entre concubins, reconnaissance des enfants nés hors du mariage, création de maternités (contre les hôpitaux ordinaires où les femmes étaient forcées d’accoucher dans des conditions déplorables) et d’un système de protection sociale.

Olympe de Gouges se rallie en 1793 aux Girondins

Après la destitution du roi, Olympe de Gouges demeure une non-violente convaincue. Aussi, elle s’oppose à l’exécution de Louis XVI, proposant à Malesherbes de l’assister officieusement dans la défense du roi, lors de son procès. La Convention le lui interdit au motif qu »une femme n’a pas a prendre part à de tels débats.
Soupçonnant Robespierre d’aspirer à la dictature, elle se rallie en 1793 aux Girondins. Après leur éviction de l’Assemblée et l’arrestation de plusieurs d’entre eux, elle soutient leur cause dans une lettre à la Convention qui est censurée. Elle récidive en proposant que les Français choisissent leur gouvernement par référendum. Cette fois, c’en est trop.
Elle est arrêtée le 20 juillet, en vertu de la loi. qui punit de mort quiconque tendra, par ses écrits, a rétablir un gouvernement autre que républicain. Elle monte sur l’échafaud le 3 novembre 1793. Un observateur note sa fermeté et, avant de tomber sous la lame, elle s’écrie : «Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort.»

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