Les barricades et le Général Leclerc à Paris en 1944

Partout des barricades pendant l'insurrection de Paris

Les barricades et le Général Leclerc à Paris en 1944
Rol-Tanguy obtient raison sur toute la ligne: l’insurrection se généralise à un rythme forcené. Les Allemands défoncent sous le bélier des chars les mairies de Clamart et de Neuilly. De violentes fusillades retentissent à travers tout le Quartier Latin. Les camions culbutés servent de remparts. Les ponts se défendent derrière des murs de sacs de sable. Le combat s’emballe aux Halles, que contrôle le F. T.P. Bara, lequel, installé au pavillon 2, a fait barrer le boulevard de Sébastopol et la rue de Rivoli. Partout des barricades. A Montmartre comme à Montparnasse, à Saint-Cloud comme à Saint-Denis. Certaines sont ironiquement décorées des portraits du Führer et du gros maréchal Goering, certaines animées par des femmes, coiffées de vieux casques de 14.
Tout est bon pour les bâtir, sacs de sable, meubles, plaques d’égout, arbres, véhicules renversés, pianos vétustes, matelas. La plus importante toute en pavés, est dressée au coeur du Quartier Latin, au croisement du boulevard Saint- Germain et du boulevard Saint-Michel, vite dénommé « Carrefour de la Mort ». Tour à tour l’Élysée, le ministère de l’Intérieur, la Guerre, l’ Agriculture, la gare de l’Est, la Bourse du Travail, en même temps que de multiples imprimeries et centraux téléphoniques, tombent.

Le général Leclerc rentre dans Paris en août 1944

Le général Leclerc rentre dans Paris en août 1944
Le colonel Rol fait plus que maudire la trêve. Manquant de munitions, il décide d’envoyer un officier de son état-major, le capitaine Roger Gallois, non communiste mais qui parle anglais, auprès du haut commandement américain pour obtenir un parachutage d’armes -massif -sur Paris. Il sait trop que seul, le manque excessif d’armements peut lui interdire la maîtrise de la capitale.
Mais déjà de Gaulle a choisi de bousculer les événements. Une nouvelle fois, il va agir vite. Le haut commandement allié refuse d’entrer dans ses raisons ? De Gaulle se passera de leur autorisation. Il fait demander à Leclerc s’il dispose de l’essence nécessaire. La réponse est oui.
Il veut savoir si Leclerc est résolu à faire de l’interdiction du commandement américain dont il dépend. La réponse est encore oui. Il s’enquiert d’un plan de marche éventuel sur Paris,sans liaison avec les troupes de Bradley. La réponse est: c’est fait. Alors, conclut de Gaulle, tenez-vous prêt Par précaution, il ne prend pour décision supplémentaire que d’envoyer le général Juin auprès d’Eisenhower,pour plaider encore une fois « la cause de la France ». Leclerc est alors au petit village d’Écouché. A bord de son command-car, avec, à côté de lui, sa déjà célèbre canne, sa serviette en peau de katam bouru (antilope du Tchad) et une carte au 1/1 000006. Il décide de confier l’avant-garde au lieutenant-colonel Jacques de Guillebon, trente-quatre ans, l’un de ses plus hardis officiers qui pourra être ainsi éventuellement premier gouverneur militaire de Paris. Guillebon reçoit pour consigne de se mettre en route tout de suite, avec dix-sept chars légers, dix automitrailleuses et deux sections d’infanterie… Quant à savoir si la 26 D.B. ne risquera pas de trop manquer dans la bataille d’Eisenhower, bah !… Paris vaut bien une incartade…

Von Choltitz et Nordling à Paris en août 1944

Les barricades et le Général Leclerc à Paris en 1944

Il s’agit d’une bouteille de whisky inespérément trouvée par von Choltitz au fond d’une armoire de l’hôtel Meurice et qu’il décide de savourer, en toute mélancolie, en compagnie du consul Nordling, décidément devenu son meilleur ami. Au meilleur ami la meilleure bouteille.
Il faut dire que von Choltitz en vient à être totalement désemparé. D’abord, il a trop vertige à devoir affronter des problèmes trop compliqués et qui le dépassent. Ensuite, non seulement il n’a plus aucune confiance dans la parole de l’autorité des chefs F.F.I., mais, comme il le reconnaît devant Nordling, force est de reconnaître que « cette trêve est un échec ». Enfin, en acceptant de discuter avec ceux que Model appelle des terroristes, en tergiversant à l’excès, en se refusant à appliquer des consignes insensées de destruction ou de répression, il s’est lui-même piégé dans les pires conditions vis-à-vis des chefs nazis: les plus graves risques en viennent pour lui-même et pour sa famille. ..
Ainsi, traqué, écoeuré, en arrive-t-il, autour de ce whisky à envisager la seule solution qui paraisse raisonnable. Pourquoi n’en appellerait-on pas à de Gaulle lui-même? De Gaulle n’est-il pas le seul personnage capable d’imposer une vraie autorité ?.. Monsieur le consul, pourquoi ne pas penser à lui procurer un Ausweis pour lui permettre de franchir les lignes allemandes?. N’est-ce point une « idée pas bête » ? …
Évidemment, inutile de songer à retrouver la signature de von Choltitz sur le document à négocier… Extrême prudence est mère d’extrême sûreté… Les chefs nazis ont des regards qui portent loin. ..En tout cas, la solution sage est là : négocier directement avec les chefs alliés… Mieux même: pourquoi ne pas donner un sauf-conduit à Nordling lui-même, pour aller conduire la délicate négociation sur place?. »
Précisément, aussitôt mijoté, aussitôt décidé. Comme quoi Nordling accepte de partir à la rencontre des Alliés.

Derniers articles
Les prisonniers allemands pendant la libération de Paris
Les prisonniers allemands à Paris en août 1944
Les barricades et le Général Leclerc à Paris en 1944
Les barricades pendant l'insurrection de Paris en août 1944
Début de l'insurrection à Paris en août 1944
Le début de l'insurrection à Paris en août 1944
La panique commence à gagner les collaborateurs dès le 15 août 1944
La fuite des collaborateurs à Paris en Août 1944
Dernières catégories
La Commune de Paris en 1871
Le Front populaire en 1936
defaite-intro
La défaite de la France en 1940
La porteuse de pain et sa voiturette
Les métiers oubliés
Articles populaires
C'était, entre six et sept heures du matin, par une journée de juin 1940. Hitler était à Paris
Hitler à Paris le 23 juin 1940
Rosa Parks refuse de céder sa place à Montgomery
Rosa Parks refuse de céder sa place ce 1er décembre 1955
Les femmes sont les principales victimes des violences de la soldatesque pendant le massacre de Nankin en 1937
Le sort des femmes pendant le massacre de Nankin
Entrés dans Nankin le 13 décembre, les soldats japonais pillent, violent et tuent sans qu’à aucun moment leur commandement cherche à limiter leurs débordements
Le massacre de Nankin en décembre 1937