


Il s’agit d’une bouteille de whisky inespérément trouvée par von Choltitz au fond d’une armoire de l’hôtel Meurice et qu’il décide de savourer, en toute mélancolie, en compagnie du consul Nordling, décidément devenu son meilleur ami. Au meilleur ami la meilleure bouteille.
Il faut dire que von Choltitz en vient à être totalement désemparé. D’abord, il a trop vertige à devoir affronter des problèmes trop compliqués et qui le dépassent. Ensuite, non seulement il n’a plus aucune confiance dans la parole de l’autorité des chefs F.F.I., mais, comme il le reconnaît devant Nordling, force est de reconnaître que « cette trêve est un échec ». Enfin, en acceptant de discuter avec ceux que Model appelle des terroristes, en tergiversant à l’excès, en se refusant à appliquer des consignes insensées de destruction ou de répression, il s’est lui-même piégé dans les pires conditions vis-à-vis des chefs nazis: les plus graves risques en viennent pour lui-même et pour sa famille. ..
Ainsi, traqué, écoeuré, en arrive-t-il, autour de ce whisky à envisager la seule solution qui paraisse raisonnable. Pourquoi n’en appellerait-on pas à de Gaulle lui-même? De Gaulle n’est-il pas le seul personnage capable d’imposer une vraie autorité ?.. Monsieur le consul, pourquoi ne pas penser à lui procurer un Ausweis pour lui permettre de franchir les lignes allemandes?. N’est-ce point une « idée pas bête » ? …
Évidemment, inutile de songer à retrouver la signature de von Choltitz sur le document à négocier… Extrême prudence est mère d’extrême sûreté… Les chefs nazis ont des regards qui portent loin. ..En tout cas, la solution sage est là : négocier directement avec les chefs alliés… Mieux même: pourquoi ne pas donner un sauf-conduit à Nordling lui-même, pour aller conduire la délicate négociation sur place?. »
Précisément, aussitôt mijoté, aussitôt décidé. Comme quoi Nordling accepte de partir à la rencontre des Alliés.