Les victoires des Tigres Volants en 1942

Le Tigres devaient leurs succès à la tactique que Chennault

Le Tigres devaient leurs succès à la tactique que Chennault
Courant 1942, alors que les troupes alliées essuyaient d’humiliantes défaites en Birmanie, Chennault et ses Tigres Volants remportaient d’impressionnantes victoires sur l’aviation japonaise. Avec ses appareils périmés mais résistants, des P-40 au nez maquillé en museau de requin, cette unité fut l’une des plus pittoresques et des plus redoutables de la Deuxième Guerre mondiale.
Recrutés dans les forces armées américaines pour le compte de la Chine avant l’entrée en guerre des États-Unis, les Tigres Volants formaient au départ une bande hétéroclite de 112 mercenaires, le «Groupe des volontaires américains» (A.V.G.). De faux passeports leur attribuaient les professions les plus diverses: négociants, enseignants, touristes, musiciens, comédiens, banquiers, joueurs de base-ball. L’A.V.G. ne combattit sous ce nom que pendant six mois. Elle fut dissoute à l’entrée en guerre des États-Unis, mais ses pilotes constituèrent alors le noyau de la 23e escadre de chasse de la Force d’intervention américaine en Chine, qui fut intégrée en mars 1943 dans la XlVe Air Force américaine.

Les Tigres Volants s’attaquaient à un ennemi numériquement et techniquement supérieur, dont le ki-43 ( Oscar pour les alliés ) que les Américains confondirent avec le Zéro de la marine, d’où des revendications de victoire inexactes. Le 25 février 1942, les Japonais envoyèrent 166 avions au-dessus de Rangoon. Les Tigres leur firent face avec neuf P-40; ils en perdirent trois mais abattirent 24 appareils nippons. Le lendemain, l’ennemi revint à la charge avec 200 avions. Les six pilotes de l’A.V.G. en abattirent 18 et rentrèrent sains et saufs à leur base. Ils avaient coutume de peindre sur le partie du capot située sous le cockpit un petit drapeau japonais par avion ennemi abattu.
Le Tigres devaient leurs succès à la tactique que Chennault leur enseignait au mépris de la doctrine officielle. «Foncez et piquez au travers de la formation ennemie, tirez et prenez du champ», leur conseillait-il tout en dessinant des procédures d’attaque au tableau noir à la façon d’un entraîneur sportif. Il suivait leurs manoeuvres à la jumelle du haut d’une tour de bambou branlante. Les Tigres Volants jouèrent un rôle déterminant en I.C.B. A la fin des hostilités, ils avaient à leur actif plus de 1200 victoires certaines et 700 probables, et n’avaient perdu que 573 appareils.

Les Tigres volants étaient des risque-tout

Les victoires des Tigres Volants en 1942
Les premiers Tigres Volants venaient de beaucoup d’horizons: de l’armée, de la marine et du corps des Marines. Ne rêvant que plaies et bosses, ils s’empressèrent de s’engager dans le Groupe des volontaires américains, «excellente occasion de faire réellement l’expérience du combat», disait en 1941 un agent recruteur, qui ajoutait: « Et, en plus, ça rapporte gros». La solde était considérable pour l’époque: 600 à 750 dollars par mois — le prix d’une petite automobile — plus une prime de 500 dollars par avion ennemi abattu. Cependant, un bon quart de ces amateurs d’émotions fortes ne s’étaient même pas enquis du montant de cette somme au moment où ils s’engagèrent.

Répartis en trois escadrilles — les Anges de l’Enfer, les Ours Pandas, les Adam et Eve — les pilotes ne demandaient qu’à se battre. Pour impressionner l’ennemi et lui donner l’illusion qu’il avait affaire à des forces très importantes, ils modifiaient les matricules inscrits sur les fuselages et repeignaient fréquemment en des tons différents le nez de leurs P-40. Ces stratagèmes atteignirent si bien leur but qu’en automne 1942 la radio de Tokyo parla de détruire les 200 chasseurs de l’escadrille qui, à l’époque, n’en comptait que 29!
Au sol, les Tigres vivaient comme bon leur semblait. La discipline était réduite au minimum; ils ne revêtaient la tenue que pour les circonstances officielles, notamment les cérémonies funèbres. Quand ils n’étaient pas en mission, ils chassaient le tigre en Birmanie ou le canard à K’ouenming, dormaient dans la salle d’alerte, menaient joyeuse vie dans les bars de Rangoon, fredonnaient des chansons de corps de garde ou jouaient au poker avec Chennault, qui réussissait à les battre.

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