Le garagiste en 1900

Personne qui dépannait, réparait, entretenait les machines agricoles, les bicyclettes, les appareils ménagers équipés d’un mécanisme et plus particulièrement, avec l’avènement de la motorisation, les véhicules automobiles et les tracteurs.

Au coup d'oeil dans le rétro

Le garagiste en 1900

Au début du vingtième siècle, les voitures sans chevaux suscitèrent chez les campagnards plus de curiosité que d’admiration, plus de suspicion que d’engouement. C’étaient des bolides réservés à quelques rares bourgeois qui, par originalité, sacrifiaient une fortune dans la réalisation d’extravagantes lubies. Le carburant était alors vendu en épicerie, par bidons de cinq litres; les distributeurs à essence, avec manivelle balancier et double globe en verre, ne furent installés qu’après la Grande Guerre.
Le mécanicien de l’époque, marchand de cycles avant toute chose, prenait davantage l’allure d’un bricoleur ingénieux que celle d’un technicien chevronné. Ses compétences se rapportaient aux vélocipèdes, aux machines à coudre et aux poussettes d’enfant, guère aux moteurs des véhicules automobiles.
Ces guimbardes d’avant 14, quel poème! Elles atteignaient leurs 80 kilomètres/heure en droite ligne, sur terrain plat non venté, mais, faute d’une suspension appropriée, elles endolorissaient les reins de leurs passagers. Ce chic, néanmoins !
Baquets capitonnés, soufflet couvrant à l’arrière, calandre rutilante et, de chaque côté du capot sanglé de cuir, aussi ostentatoires que des lanternes de diligence, aussi ronds que des yeux écarquillés, deux phares à acétylène qui donnaient comme un visage humain à ces monstres toussotants.

Sur les voitures il y avait des organes strictement fonctionnels

Sur les voitures il y avait des organes strictement fonctionnels en 1900

Contrairement à ce qu’on serait tenté de croire, les grosses pannes n’intervenaient que très rarement sur ces vénérables tacots qui ne comprenaient que des organes strictement fonctionnels. Tout accessoire superflu était éliminé. On actionnait les essuie-glaces à la main et il fallait, pour démarrer, tourner cette satanée manivelle jusqu’à s’en rompre les bras, tout en se méfiant d’un de ces mouvements capables, en retour, de briser net un poignet. Au pire de l’hiver, quand l’huile se gommait, on devait remplir le radiateur d’eau chaude afin de dégripper le bazar, parfois même soulever une roue arrière vec le cric et enclencher la première avant de s ‘épuiser en moulinets. Prévoir un quart d’heure d’avance n’avait rien de trop pour qui voulait absolument respecter la ponctualité !
Les moteurs à explosion fonctionnaient sur quatre temps. L’allumage ne se faisait point par une bobine d’induction de type Delco, mais grâce à une dynamo. La vidange de l’huile était nécessaire dès que l’engin avait parcouru deux mille kilomètres. La cinquième vidange s’accompagnait obligatoirement d’un rodage de soupapes. Entre vingt-cinq et trente mille kilomètres, L’usure des cylindres et des pistons exigeait un alésage minutieux. Les pneumatiques étaient assujettis à la jante par un rebord en queue d’aronde. Une roue de secours complète se trouvait bridée au garde-boue ou sur la malle, afin de dépanner en cas de crevaison.

Le garagiste en 1900

Outre le carburant, le mécanicien vendait également du carbure d’éclairage et des becs de lanterne qu’un rapide encrassage obligeait à remplacer fréquemment. Certains clients tenaient à remporter leur vieille huile de vidange : ils s’en servaient pour traiter contre le pourrissement leurs boiseries extérieures, leurs clôtures, leurs portes de grange. Les huiles de rebut qu’on ne brûlait pas dans le poêle de l’atelier, on les cédait à petit prix aux récupérateurs qui passaient régulièrement et les collectaient en vue d’un recyclage. On disait que la clarification se faisait au moyen de filtres confectionnés avec des cheveux d’Annamites.

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