La marche sur Granville pendant la virée de Galerne

La Grande Armée, avec ses combattants, renoue avec la victoire tout au long d’un parcours censé la mener vers un port où elle pourrait recevoir des secours extérieurs. Avec, au bout, la désillusion et la mort.

La victoire d'Entrammes pendant la virée de Galerne

La victoire d'Entrammes pendant la virée de Galerne

Depuis Varades, la progression de l’immense cortège de chariots, de carrosses, de piétons, de cavaliers, encadré et suivi par les soldats, s’opère d’abord sans difficultés majeures. En effet, le gros des troupes républicaines, lancé à sa poursuite, a fait le tour par Nantes pour franchir la Loire et n’est au contact de l’adversaire que le 27 octobre à Entrammes. Les Vendéens, venant de Candé et de Château-Gontier, sont arrivés à Laval le 23, bien accueillis par la majeure partie de la population de la ville et rejoints par quelque six mille chouans commandés par Jean Cottereau, dit Jean Chouan : c’est un appoint appréciable, mais ce n’est pas le soulèvement général prédit par Talmont.
Le 27, à l’annonce de l’arrivée imminente de vingt mille soldats républicains sous le commandement de l’incapable Léchelle, Vendéens et chouans se portent à leur rencontre et les battent sur les landes d’Entrammes, au sud de Laval. Même les troupes de Kléber et de Marceau sont contraintes, après une belle résistance, de fuir, poursuivies par leurs vainqueurs jusqu’à Château-Gontier. La victoire d’Entrammes permet aux Vendéens de continuer leur marche vers le nord, sans rencontrer de véritable résistance, et d’entrer à Fougères le 3 novembre, après un détour inutile par Mayenne et Ernée à la suite d’une erreur de Stofflet.

La marche sur Granville pendant la virée de Galerne

Le vendredi 8 novembre 1793 les Vendéens reprennent leur marche vers Granville en passant par Antrain et Dol-de Bretagne. A Dol, les esprits sont surexcités par l’annonce de l’arrivée des royalistes. Quand la nouvelle est confirmée, on entasse sur des chariots les archives locales qui sont expédiees à Saint-Malo. Tous ceux qui sont connus pour leurs opinions républicaines s’enfuient et vont se cacher loin de la ville tandis que la population se répand dans les rues en manifestant sa joie aux cris de : « Vive le roi ». A quatre heures de l’après-midi. l’Armée catholique et royale fait son entrée et défile pendant six heures.
Réunis à l’hôtel de l’Image Notre-Dame, les chefs y reçoivent deux messagers venant. dit-on, de Jersey. Ils sont porteurs de dépêches que par précaution ils ont cachées dans des bâtons creux.
Que disent ces dépêches ? Elles confirment que les Anglais sont disposés à envoyer des renforts, des armes et des munitions aux royalistes dès que ceux-ci se seront empares d’un port sur la Manche. Les Vendéens sont ainsi fortifiés dans leur décision de marcher sur Granville qui, d’après certains renseignements, est assez mal défendue.

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Le saviez-vous ?
Jean Cottereau, né en 1757

Dans une loge de bûcheron en forêt de Concise, près de Laval, a été lui aussi condamné à mort par contumace, mais c’était pour contrebande et sous l’Ancien Régime. La tradition familiale veut que sa mère ait obtenu sa grâce de Louis XVI en personne, en se rendant à pied à Versailles.
Cottereau – surnommé Jean Chouan – et ses frères constituent dès 1792 une bande cachée dans une forêt proche de Laval, d’où ils harcèlent les Bleus. Lié au prince de Talmont, fils du seigneur de Laval, il lui avait promis de rallier l’armée vendéenne dès qu’elle passerait la Loire.
Les renforts apportés par les deux hommes constituent, au sein de la Grande Armée catholique et royale, un groupe vite baptisé « la Petite Vendée ». Les Bretons de Boisguy sont reconnaissables à leurs cheveux longs et leurs vêtements en peau de chèvre.
Les combattants de la Petite Vendée adoptent le surnom de Cottereau. C’est le 27 octobre, après la bataille d’Entrammes où ils se sont illustrés, que le nom de « chouans » apparaît pour la première fois dans un rapport officiel adressé à la Convention. D’où la confusion qui dure depuis lors.

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