Des machines à tuer
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Officiellement, deux commissions siègent à Nantes pour juger les rebelles : la commission Lenoir installée par Carrier le 3 novembre 1793 et la commission Bignon, établie au Mans le 14 décembre par les représentants Bourbotte, Prieur de la Marne et Turreau, qui se transporte à Nantes le 9 décembre. La première est relativement clémente : 241 condamnations à mort (dont 161 après le départ de Carrier) sur un total de 693 sentences ; la seconde est « une machine à tuer » : 2 919 condamnations à mort, dont 1 948 à Nantes en trois semaines. Parmi les victimes fusillées dans les carrières de Gigant, quelques centaines de femmes, dont les cadavres dépouillés sont abandonnés aux chiens, en attendant que des Nantais soient réquisitionnés pour les enterrer. Pourtant, ces exécutions en masse ne suffisent pas à Carrier. Déjà, il a expérimenté un système plus expéditif pour liquider les
prisonniers : dans la nuit du 16 au 17 novembre 1793, il a fait noyer par Lambertu 90 prêtres réfractaires. Il a annoncé la nouvelle à la Convention. qui n'a pas bronché.
Alors, il fait préparer des bateaux pour opérer des noyades en masse. Cinquante-trois prêtres en provenance d'Angers sont noyés dans la nuit du 9 décembre ; la nouvelle est annoncée à la Convention, qui applaudit : « Quel torrent révolutionnaire que la Loire ! » Dans la nuit du 14 au 15 décembre 1793, les membres de la compagnie Marat, dirigés par Goullin, obtiennent la livraison de 129 prisonniers du Bouffay, qui sont aussitôt noyés. Deux jours plus tard, Carrier ordonne au tribunal révolutionnaire de faire guillotiner sans jugement 24 prisonniers vendéens, dont 4 enfants âgés de treize à quatorze ans. Il récidive le surlendemain pour « 27 brigands », dont les demoiselles de la Métairie. Le 20 décembre, il écrit à la Convention qu'on lui amène des « brigands » par centaines, et qu'il a pris le parti de les faire fusiller. Le lendemain, il annonce au Comité de salut public, qui ne réagit pas, une nouvelle noyade de 360 prisonniers.
Noyandes de Nantes en 1793
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Jean-Baptiste Carrier