Lavoisier Antoine Laurent
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mort de Lavoisier
Serviteur dévoué de l'État, Lavoisier éprouve toutefois quelques difficultés à épouser l'évolution politique de son temps. Passé l'espoir de régénération de 1789, la situation commence à lui peser. Dès 1790, il s'en ouvre à Benjamin Franklin : pour lui, la Révolution est terminée, et il en regrette déjà les excès. Les difficultés financières insurmontables, les attaques de la presse de tous bords, la fuite du roi en juin 1791 rendent sa place plus délicate que jamais. En février 1792, il quitte la Trésorerie et retrouve un poste moins exposé à la Régie. En juin, il décline l'offre de Louis XVI qui lui propose le ministère des Contributions publiques. Il démissionne enfin de la Régie des poudres, au lendemain de la chute du roi, le 10 août 1792.
Quand d'autres inventent alors la politique, Lavoisier, dépassé par l'accélération de l'histoire, se cantonne désormais aux questions intéressant la communauté scientifique. Il défend avec acharnement les travaux de l'Académie des sciences jusqu'à sa suppression, le 8 août 1793. Il promeut des structures nouvelles mieux adaptées à l'évolution de la société comme le Bureau de consultation des arts et métiers ou le lycée des Arts, destinés à intégrer les artisans, et la Société philomathique. II participe à la commission chargée d'établir un système universel des poids et mesures, réclamé depuis longtemps par les savants, ainsi qu'à l'élaboration d'un projet culturel vraiment révolutionnaire, exposé dans les Réflexions sur l'instruction publique (août 1793), qui prévoient l'instauration d'une éducation nationale.
Cependant, malgré son savoir et ses réseaux de relations, on ne fait plus appel à Lavoisier que de façon marginale, comme lors de la mobilisation des savants organisée par Guyton et Prieur de la Côte-d'Or en 17936. Fin septembre, alors que sa situation personnelle est déjà fragilisée, il fait partie de la commission chargée d'adapter son procédé de décomposition de l'eau à la production d'hydrogène pour l'aérostation militaire. Pour la dernière fois, il travaille aux côtés de ses anciens collaborateurs de la révolution chimique — Fourcroy, Monge, Berthollet et Guyton — qui, eux, ont franchi volontairement le pas de la République.
Deux mois plus tard, les anciens fermiers généraux sont mis en accusation. Lavoisier se constitue prisonnier, après trois jours de réflexion dans la clandestinité. Plusieurs interventions officielles eurent lieu en sa faveur ; elles émanaient de la Commission temporaire des poids et mesures, du Comité des assignats, du Bureau de consultation des arts et métiers et de l'Agence nationale des poudres (l'ancienne Régie), enfin du lycée des Arts. En fait, il est probable que ni Lavoisier ni ses anciens confrères n'aient alors eu véritablement conscience de l'issue fatale...
Accusé, entre autres choses, d'avoir fait humecter le tabac , il fallait bien trouver un chef d'accusation plausible, il fut guillotiné le 8 mai 1794.
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