Bailly Jean-Sylvain
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Il était élu maire de Paris le 16 juillet, au milieu des troubles qui avaient suivi la chute de la Bastille, et le lendemain, à ce titre, il recevait le Roi, qui arrivait de Versailles pour se réconcilier avec sa capitale, sur ces mots : « J'apporte à Votre Majesté les clefs de sa bonne ville de Paris, ce sont les mêmes qui ont été présentées à Henri IV; il avait reconquis son peuple; ici, le peuple a reconquis son Roi. » Et il lui offrit la cocarde tricolore.
Mais, petit à petit, Bailly perdait de son autorité; les royalistes le détestaient et les journalistes patriotes lui reprochaient sa modération. Il se cantonna alors dans des activités philanthropiques. Mais la fusillade du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1791, contre les pétitionnaires qui demandaient la déchéance du Roi après sa tentative de fuite en juin, lui faisait perdre définitivement sa popularité : il en était considéré comme le responsable, avec La Fayette.
Bailly présenta sa démission mais tint son poste à la mairie jusqu'à ce que Pétion le remplace en novembre. Il partit se réfugier à Nantes, et y écrire ses Mémoires. Les événements de Vendée le firent revenir dans la région parisienne en septembre 1793.
Il fut arrêté et traduit devant le Tribunal révolutionnaire le 10 novembre. Pour exorciser le souvenir du massacre du Champ-de-Mars, le lendemain on dressa exceptionnellement pour lui la guillotine à cet endroit, et il subit avec sang-froid les avanies de la foule pendant deux heures. C'était une journée pluvieuse de fin d'automne. Au bourreau qui l'apostrophait : « Tu trembles, Bailly ? », on dit qu'il répondit : « C'est de froid, mon ami. »
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