Le massacre de 300 prêtres
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Avant même le vote de la loi, dès le 10 août, la Commune insurrectionnelle de Paris fit arrêter environ trois cents prêtres, les uns venus de province qui attendaient la délivrance de leurs passeports, les autres qui, plus ou moins clandestinement, accomplissaient dans la capitale leur ministère sacerdotal.
Ils étaient entassés avec d'autres « suspects » comme des malfaiteurs dans les prisons de l'Abbaye, des Carmes, de Saint-Firmin et de la Conciergerie. Les 2, 3 et 4 septembre 1792, dans le climat dramatique de « la patrie en danger» où la psychose de la trahison déréglait les esprits, plus de mille deux cents personnes dont trois cents prêtres furent atrocement massacrés par des sans-culottes en délire armés de sabres, de piques et de gourdins après des simulacres de jugement.
Les auteurs de cet effroyable bain de sang n'appartenaient pas à la lie de la population, c'étaient des petits-bourgeois, boutiquiers, artisans, gardes nationaux, fédérés. Selon Restif de la Bretonne, « on ne voulait qu'une chose, se débarrasser des réfractaires ».
La Convention se réunit et traqua sans merci les prêtres réfractaires. Ses représentants en mission dans les départements, dotés de pouvoirs discrétionnaires, en particulier les Fouché, Lebon, Carrier, Tallien, Lacombe, Fréron, Barras, Heintz se distinguèrent par leur sauvagerie. Le 14 février 1793, la Convention accorde une récompense de cent livres à quiconque dénoncera et fera arrêter un réfractaire.
La loi du 18 mars assimile ces prêtres aux émigrés et stipule que « ceux qui seront surpris sur le territoire de la République seront arrêtés, emprisonnés et exécutés dans les vingt-quatre heures ». Celle du 17 septembre contient la formule fameuse « Pourront être considérés comme suspects et prévenus de haute trahison tous ceux qui n'ayant rien fait contre la liberté n'ont cependant rien fait pour elle ». Autant dire qu'on pouvait arrêter n'importe qui.
le massacre des prêtres réfractaires
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Prêtres réfractaires