Les parisiennes à l'assaut de versailles
rideau
le banquet des gardes du corps en 1789
les parisiennes à Versailles en 1789
versailles--octobre-1789
Louis XVI accepte de recevoir Monnier ainsi que deux ouvrières, Louison Chabry et Françoise Rotin. Lorsqu'elle se trouve devant le roi, la jeune Louison s'évanouit. Celui-ci la ranime et lui promet de veiller au ravitaillement de la capitale, puis il sort sur le balcon, accompagné de la petite ouvrière. Il est ovationné par la foule.
Il semble que la promesse royale a calmé les esprits ;une délégation des manifestantes est envoyée à Paris afin d'annoncer la bonne nouvelle. Au même moment, la garde nationale de la capitale, conduite par La Fayette, parvient devant le château. Toujours aussi imprudent, le général demande au roi de renvoyer les Gardes du Corps et de confier sa sécurité et celle de sa famille aux gardes-françaises qui, un mois avant, avaient déserté leur poste. Louis XVI accède à la demande puis, l'esprit tranquille, va se coucher en recommandant à Marie-Antoinette d'en faire autant.
Dans la nuit du 4 au 5 octobre, des femmes se groupent dans le quartier Saint-Antoine et se mettent en marche avec un mot d'ordre: «Nous partons pour Versailles chercher du pain !» Elles sont bientôt plusieurs centaines. Des hommes qui, pour la circonstance, ont revêtu des vêtements féminins, se sont joints au cortège. Un témoin commente les raisons de cet insolite travestissement : « On se déterminait plus difficilement à repousser des femmes par la force armée.»
A mesure que le temps passe, une abondante consommation de vin aidant, le ton monte chez les manifestantes. Avant de se diriger sur Versailles, la troupe force le magasin d'armes de l'Hôtel de Ville et le pille. Pendant qu'elles y sont, elles mettent la main sur les réserves d'argent de la municipalité. Maillard, un jeune clerc d'huissier, a pris la tête de la manifestation et s'efforce de contenir ses débordements.
A Sèvres, une pluie violente s'abat sur les mégères. Aux passants, interloqués, l'une d'elles lance: «Voyez comme nous sommes arrangées ! Mais la bougresse nous le paiera.» La «bougresse», c'est évidemment Marie-Antoinette, rendue responsable de l'inclémence du temps. Une autre manifestante, brandissant un énorme couteau, s'écrie: «Comme je serais heureuse si je pouvais lui ouvrir le ventre avec ce couteau et lui arracher le coeur en lui fourrant le bras jusqu'au coude !»
Ces désirs sont clamés une nouvelle fois lorsque le cortège arrive devant l'hôtel des Menus-Plaisirs, à Versailles, où siège l'Assemblée. Déchaînées, les femmes envahissent la salle des séances. Certaines ôtent leurs bas et leurs jupes pour les faire sécher, tandis que revient sans cesse le même cri: «Du pain ! Du pain!» La confusion est à son comble; l'une des manifestantes embrasse à pleine bouche les membres de l'Assemblée y compris l'évêque de Langres, qui n'en demandait pas tant. En revanche, Mirabeau, toujours attiré par le beau sexe, ne se fait pas prier pour « fraterniser ». Afin de calmer les esprits, Monnier, le président de l'Assemblée, décide de se rendre auprès du roi et de l'informer sur la situation critique de Paris. Une dizaine de femmes l'accompagne.
Le 5 octobre 1789, Marie-Antoinette a le sourire; un sourire qu'elle avait perdu depuis plusieurs mois. Quelques jours auparavant, au banquet des Gardes du Corps, la famille royale a été longuement acclamée, à commencer par la souveraine elle-même. Il y avait longtemps qu'elle n'avait plus entendu ces cris de «Vive la reine !» qui la réconfortent et la rassurent, comme la rassure la venue à Versailles du régiment de Flandres, qui pallie la défection des gardes-françaises. C'est donc l'esprit serein qu'en cet après-midi d'automne Marie-Antoinette s'attarde àllrianon. Et voici qu'apparaît un officier, la mine défaite : «Madame, le peuple de Paris marche sur Versailles.»
Comment expliquer ce regain de fièvre ? La pénurie provoque un mécontentement qu'alimentent des rumeurs plus ou moins fantaisistes: « Versailles regorge de pain alors qu'on en manque à Paris !... La reine s'offre des repas somptueux... » Il n'en faut pas davantage pour soulever la colère populaire.
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Echec au roi