Les Cathares et la peur du bûcher
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les cathares et le bûcher

Il est certain que face à la vie déréglée de nombreux ministres catholiques, à la cupidité et à la liberté de moeurs des grands seigneurs, l'esprit de charité et la vie édifiante des Bons Hommes et des Bonnes Femmes leur valurent vénération et prestige. Même les inquisiteurs reconnurent leur pureté de moeurs, et furent saisis par la solidité de leur foi.
Les historiens n'ont enregistré que deux cas d'abjuration de parfaits. L'un d'eux Guilhem Solier abjura en 1229 pour échapper au bûcher et dénonça ses frères. C'est le seul reniement connu que provoqua chez les parfaits la peur du bûcher. Un seul !
Pierre Autier, père de Jacques Autier, monta calmement sur le bûcher dressé pour lui à Car­cassonne en déclarant : « S'il m'était permis de prêcher, je convertirais tout le peuple à ma foi. »
On vit le même renoncement chez les parfaites. Elles se cachèrent dans des lieux isolés, sans aucun soutien et sans aucun secours. Certaines furent arrêtées et brûlées, d'autres disparurent, mortes de privations. La soeur d'Arnaud de La Mothe et ses compagnes moururent ainsi de froid et de faim dans une sorte de caverne près de Lanta dans le Lauraguais.
Le nombre des parfaits ne peut pas être fixé. Jusqu'en 1240-1260, on l'estime, d'après le résultat des enquêtes de l'Inquisition, a plus d'un millier, dont 342 parfaites, 20 évêques et 42 diacres. La noblesse y était représentée dans un pourcentage de 8 % avec une majorité de femmes. Mais ces chiffres sont certainement très inférieurs à la vérité. Les parfaits, on l'a vu, circulaient par deux et au cours des enquêtes il arrivait souvent qu'un seul nom soit connu. De plus, dès le début des persécutions, des bons­hommes se fondirent dans la population et il est certain que plusieurs centaines parvinrent à passer à travers le filet de l'Inquisition. Ils ne figurent donc pas ici. Ces chiffres ne concernent sans doute que les parfaits martyrs livrés au bras séculier.

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