L'école des gladiateurs
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combat de gladiateurs

Le gladiateur entre dans une troupe, possédée et dirigée par un personnage qu'on appelle le «lanista» (littéralement « le boucher », le marchand de chair humaine, profession entourée d'un mépris profond). L'esclave, lui, est vendu par son maître: l'homme libre conclut une sorte de contrat précisant les conditions de l'engagement (durée, rémunération) et stipulant qu'à l'instar de l'esclave il peut être « brûlé, enchaîné, frappé, tué », les trois premiers châtiments étant liés à des fautes professionnelles, la mort, elle, tenant à l'issue des combats.
Dès lors, le nouveau gladiateur, s'il appartient à une bonne troupe, va être soigneusement formé, entraîné, soigné par des spécialistes (« doctores »). Il vivra dans le centre que le laniste possède ou, au hasard des déplacements, dans les locaux mis à la disposition des troupes par les municipalités (on connaît ceux de Pompéi, improprement appelés casernes), éventuellement accompagné par sa femme, sa concubine et ses enfants.
Si une flamboyante réussite s'attache à lui, il peut gagner une immense popularité, non seulement auprès du public mais aussi d'hommes de lettres, séduire une très grande dame, être apprécié d'un haut personnage ou de l'empereur. Et pourtant, dans le même temps, il est réputé « infâme », il a perdu tous ses droits civiques (s'il était libre), et, le plus souvent, on l'enterrera à part. Objet de fascination et de répugnance : il accomplit des exploits hors du commun, mais il s'est placé en marge de la société.

fin d'un gladiateur

.Assez souvent, le vaincu, s'il s'était battu courageusement, obtenait la faveur du public et la vie sauve. On se souviendra des gestes : pouce levé vers le ciel pour accorder la vie, pouce tour­né vers le sol pour signifier au gladiateur triomphant d'achever son adversaire. C'est par leur intermédiaire que le magistrat qui présidait aux festivités pouvait être amené à régler l'issue d'un combat, se laissant alors souvent guider par les acclamations du public : démagogie oblige !

Mal logés, mal nourris, mais suivis par des médecins, dorlotés par des masseurs, les gladiateurs novices sont, en revanche, bien entraînés. Ils représentent un investissement. Si, au terme de leurs deux années d'apprentissage —le minimum pour former un professionnel—, ils gagnent leur premier combat, se font remarquer du public, ces novices vaudront  de l'or.
Le laniste les revendra dix fois ce qu'il les a achetés. A moins qu'il préfère les garder dans son écurie, sa famille dit-il, et engranger grâce à eux un maximum de bénéfices. Le tout étant de les revendre avant que leur cote s'écroule : il suffit d'une blessure, d'un accident, de l'âge qui vient, pour leur faire perdre toute valeur et les réduire à l'état de «gladiateurs à trois sous» loués pour des fêtes de village.
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Les gladiateurs