La mort du général Dupuy
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revolte du Caire, campagne d'Egypte

A l'intérieur du Caire, le drame s'aggravait, mais il s'aggravait aussi à l'extérieur des remparts, où des nuées de Bédouins, excités par leurs ulémas et enfiévrés par la perspective du butin, accouraient de tous les coins du désert pour prêter main-forte aux citadins. Croisant sur son chemin un convoi de malades de la division Reynier qui arrivait de Belbeys, une de ces hordes était tombée sur l'escorte et l'avait massacrée jusqu'au dernier, sans en excepter les malades et les blessés.

campagne d'Egypte de Napoleon

Ayant appris que le centre de ralliement des insurgés se trouvait dans le grand cimetière appelé la « Ville des Tombeaux », il donna l'ordre à la 32e demi-brigade de marcher dans cette direction. Mais, dans l'intervalle, la foule avait grossi à tel point que chaque rue n'offrait plus qu'une masse compacte de têtes et de turbans. Tantôt cette multitude se jetait au-devant des chevaux pour les renverser ; tantôt foulée aux pieds et forcée de livrer un passage, elle allait s'écraser en hurlant contre les murs des maisons, tandis qu'une grêle de projectiles, lancés des toits, s'abattait sur la troupe.

Le général Dupuy allait pénétrer dans la rue des Vénitiens, lorsqu'un groupe de manifestants se mit en travers de sa route. Dupuy commanda à ses dragons de charger. Au premier choc, les chevaux fendirent les groupes et un certain nombre de rebelles furent abattus à coups de sabre. Mais cet engagement avait lieu dans une rue très étroite, où les cavaliers n'avaient pas la place de se déployer et où les insurgés eux-mêmes bloqués et pressés de toutes parts, n'avaient pas la place de battre en retraite.
La situation était critique. Elle le devint plus encore lorsque Barthélemy le Grec, l'adjoint au gouverneur du Caire, qui marchait à deux cents pas derrière Dupuy, à la tête d'une escouade de police, tira un coup de tromblon sur le groupe le plus acharné. En entendant cette détonation, la populace devint littéralement enragée. Une centaine de fous furieux se précipita sur les Français. En un instant, le général Dupuy fut entouré par une muraille de piques, de sabres et de poignards. Comme il levait le bras pour se protéger le visage, un violent coup de lance lui transperça l'aisselle gauche. Ruisselant de sang, Dupuy tomba à terre et expira quelques minutes plus tard.
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La révolte du Caire