Les Prussiens repartent
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Une pensée dominait Dumouriez : conquérir la Belgique; et le désir de détacher la Prusse de l'Autriche pour s'en faire une alliée lui laissait croire qu'il s'attacherait la reconnaissance du roi de Prusse en permettant à son armée de se retirer dans des conditions favorables. Au risque de la bataille, il préférait les chances de la diplomatie.
Une occasion se présenta. Lombard, le secrétaire du roi, avait été fait prisonnier au cours des combats. Dumouriez lui fit remettre un mémoire destiné à son maître : il y montrait que l'intérêt de la monarchie prussienne était d'abaisser la puissance de la .maison d'Autriche et de vivre en bonne intelligence avec la France.
Brunswick désirait en finir avec une expédition dont il avait toujours douté du succès : visiblement, son armée ne pouvait supporter les risques d'un nouveau combat; l'Autriche refusait d'engager dans la guerre les effectifs indispensables; Catherine II n'envoyait aucun secours sous prétexte que la Russie s'occupait des affaires de Pologne.
Cette solitude dans l'effort, la misère croissante des troupes inclinaient la Prusse à négocier. Mais Frédéric-Guillaume exigeait la restauration de Louis XVI et la Convention venait de proclamer la république. Le roi de Prusse refusa de la reconnaître. A Danton qui lui offrait l'alliance de la France, il répondit par un violent manifeste signé de Brunswick, et Dumouriez répliqua au messager :
— Annoncez à votre général que la trêve cessera demain et que j'en donne l'ordre devant vous.
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Le 1er octobre, les Prussiens commencèrent donc une retraite que la volonté de Dumouriez aurait pu transformer en désastre.
Dumouriez laissa les Prussiens franchir les défilés de l'Argonne, prescrivant à ses lieutenants de faux mouvements pour éviter de les harceler. Et Verdun, Longwy, repris sans combat, il les reconduisit sans les inquiéter jusqu'à la frontière.
A défaut de document, son attitude laisse croire qu'il continuait de négocier : impatient d'entreprendre la conquête de la Belgique, il pouvait croire qu'en facilitant la retraite des Prussiens il achèterait leur alliance. Mais, le territoire évacué, lorsqu'il fit demander à Frédéric-Guillaume s'il voulait, avec la paix, conclure une alliance avec la République française, la réponse fut inattendue :
— La paix, une alliance, mais l'armistice n'est pas signé! La Prusse ne fera de proposition qu'avec l'accord de l'Autriche et n'entrera jamais en négociation avec les émissaires obscurs d'un ministre sans pouvoir.
Le masque était levé. Aussi mal en point que fût l'armée prussienne, elle se retirait avec tous les honneurs de la guerre.
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La victoire de Valmy