Après Valmy, misère et dysenterie
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Sur les hauteurs dénudées au sol crayeux, et si blanches qu'on eût dit que la neige les avait recouvertes, l'armée prussienne vivait des jours de terrible misère. Par les chemins défoncés, les convois de vivres arrivaient mal. Le pain, mouillé par la pluie qui traversait les bâches, était détrempé et moisi. Même l'eau manquait, sauf dans les étangs souillés par les cadavres des chevaux. La dysenterie continuait à décimer les troupes et, des fosses peu profondes, émergeaient des mains et des jambes. Les souliers déchirés, en loques, accroupis dans la boue autour d'un feu misérable, les soldats grelottaient dans leur bivouac fangeux.
Le comble, c'est que l'inquiétude régnait aussi du côté des Français. Valmy ne possédait pas encore le sens que les historiens lui assignèrent depuis avec tant d'assurance, et le gouvernement révolutionnaire comme l'opinion publique n'avaient attaché d'abord qu'une médiocre importance à cette bataille. Au lendemain de Valmy, le ministre de la Guerre, Servan, effrayé par la présence des Prussiens entre Paris et notre armée dont ils coupaient les communications, conseilla à Dumouriez de se retirer derrière la Marne.
En vain, pour rassurer Servan, Dumouriez lui affirmait-il que, chaque jour, l'armée prussienne se désagrégeait d'elle-même, que l'ennemi ne pourrait bientôt plus avoir d'autre but que d'évacuer le territoire et que l'infériorité numérique empêcherait Brunswick de marcher sur Paris.
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La victoire de Valmy