Les Prussiens marchent sur Paris.
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Cette temporisation déplaisait fort aux émigrés, inquiets de voir la guerre, en se prolongeant, transformer leurs libérateurs en conquérants. Ils représentaient au roi de Prusse que Louis XVI, sa couronne, sa vie dépendaient de sa volonté. Des marches rapides, des manoeuvres inattendues, des batailles éclatantes feraient en un clin d'oeil s'effondrer la Révolution devant l'Europe éblouie. Le roi de Prusse décida qu'on irait de l'avant.
L'Argonne, barrière de forêts, entre les bassins de la Meuse et de l'Aisne, déchirée de pentes abruptes, ruisselantes d'eau, trouée d'étangs et de marécages, s'opposait à l'avance des masses épaisses de l'armée de Brunswick. Seules cinq brèches la traversent, simples chemins de charrettes, gluants sous l'effet des pluies de septembre et bordés d'hostiles forêts.
C'est pourtant un de ces défilés que Brunswick attaqua et dont, par légèreté, Dumouriez le laissa s'emparer. La ligne de l'Argonne se trouvait forcée, la Champagne envahie. Un émigré, le baron de Breteuil, écrivait le 12 septembre, à Fersen : Les Prussiens marchent sur Paris...
Sur la ligne de la Marne ou devant la capitale, Dumouriez allait-il livrer un suprême combat? Au lieu de reculer, par une dangereuse audace il porte ses troupes à Sainte-Menehould, où, de Metz, l'armée de Kellermann vient le rejoindre, et prend à revers l'ennemi qui croyait l'avoir tourné. Dès lors, si les Prussiens tiennent la route de Paris, les Français tiennent celle de l'Allemagne.
Malgré Brunswick, plus disposé à temporiser qu'à se battre, le roi de Prusse donna l'ordre de revenir en arrière et d'attaquer les Français. Dans l'aube du 20 septembre, le brouillard, en se déchirant, découvre l'une à l'autre les deux armées.
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La victoire de Valmy