En province la répression s'accélère
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En province aussi la répression s'accélère. Depuis janvier 1794, les tribunaux criminels peuvent juger «révolutionnairement », en particulier les émigrés ou prêtres déportés saisis sur le sol français. À partir d'avril, ces tribunaux, la plupart du temps sans jury, peuvent se déplacer. Ils deviennent une arme, notamment dans l'Ouest, contre les dissidents chouans. Dans certains départements, les envoyés en mission ont aussi créé, à côté du Tribunal criminel, un Tribunal révolutionnaire. C'est le cas à Brest.
Le Tribunal révolutionnaire du Finistère tient sa première séance le 9 février 1794. Sur la demande de Jean Bon Saint-André et de Prieur de la Marne, on envoie de Paris un président et un accusateur public : Pierre-Louis Ragmey, ancien avocat, et l'ex-moine Joseph Ignace Donzé Verteuil. Ils arrivent le 9 mars et reproduisent sur place les méthodes du tribunal parisien ; ils s'illustrent notamment dans la condamnation à mort de nombreux officiers de marine. Toutefois, la centralisation accrue conduit à la disparition de ces tribunaux. La loi du 16 avril 1794 prescrit que les prévenus de conspiration contre la République doivent être transférés à Paris, ce que renforce la loi de floréal instaurant la Grande Terreur.
Au total, la répression fut contrastée en province : 3 548 condamnations à mort ont été prononcées en Loire-Inférieure où s'illustre Carrier, mais c'est la face immergée d'une répression beaucoup plus forte, plus de 1000 dans le Rhône, notamment après la reprise de la ville de Lyon, Robespierre s'affirmant implacable dans sa volonté d'éradiquer les opposants. «Il faut démasquer les traîtres et les frapper sans pitié », écrit-il aux représentants en mission. Dans dix-huit départements, le nombre de condamnations à mort est supérieur à 100 ; il est compris entre 10 et 100 dans trente-deux départements.
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