Organisation du Tribunal Révolutionnaire
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On débute avec quatre juges seulement. Le président est un ancien lieutenant particulier de la sénéchaussée de Toulouse, ancien juge de paix natif de Grenade, dans la Haute-Garonne, Jacques-Bernard-Marie Montané. Il a l'ardeur et l'exubérance des méridionaux et cela suffit à le faire nommer. Il a avec lui trois juges : Etienne Foucault, ancien agriculteur dont le nom restera attaché à toutes les infamies du tribunal et qui périra sur l'échafaud après le 9 thermidor ; Dufriche des Magdeleines, natif d'Alençon, dont le frère, Dufriche de Valazé, Girondin notoire, se poignardera en pleine audience pour échapper à la guillotine ; enfin, Antoine Roussillon, naturaliste, chirurgien, canonnier et révolutionnaire farouche. Il a une haine : Silvain Bailly, maire de Paris, qui l'a fait emprisonner après l'affaire du Champ de Mars ; il saura s'en souvenir. Sa voix retentit dans les clubs et les assemblées populaires pour faire l'apologie des massacres de septembre. Durant le peu de temps qu'il restera en fonctions, il « soignera » — le mot est de l'époque — les accusés. Entendez qu'il se montrera avec eux d'une rigueur impitoyable.
Faure est élu au siège du ministère public. Il démissionne aussitôt. Fouquier-Tinville le remplace. Voyons les comparses, les substituts. Donzé-Verteuil, le premier, est un ancien moine. Le zèle qu'il apportera dans l'exercice de sa charge le fera nommer accusateur public à Brest. Il se signalera alors par une rigueur qui confinera à la démence : il demandera, en effet, la mise en jugement d'une escadre navale tout entière composée de douze ou treize gros vaisseaux. Le second substitut est Lescot-Fleuriot, sculpteur à ses heures et grand ami de Robespierre dont il partagera le destin le 10 thermidor. Ce triste personnage doit sa réputation — et sa place — à la violence qu'il met dans ses discussions. Il défend la doctrine montagnarde à coups de poings et il n'en faut pas davantage pour faire de lui un vrai patriote.
Cette organisation exemplaire est complétée par un jury de purs sans-culottes et par un certain nombre de suppléants.
Le 28 mars, à la nuit tombante, le maire de Paris installe le tribunal dans ce qui va être désormais son habitat : l'ancienne Grand'Chambre du Parlement devenue la Salle de l'Egalité. La cérémonie est courte et se déroule à huis-clos. Le président, les trois juges, l'accusateur public et les deux substituts prêtent serment : « Nous jurons et promettons d'être fidèles à la Nation, de maintenir la République une et indivisible, la liberté et l'égalité, d'observer et de faire observer les lois ou de mourir à notre poste en les défendant. »
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