Une longue plaidoirie
rideau
Le 26 décembre 1792, Louis comparut devant la Convention avec ses trois conseils. A nouveau, il sembla très calme. Son regard ne cessait de se porter sur les représentants du peuple comme s'il guettait l'impression que laissait sa défense. C'est Desèze qui donna lecture, au nom des trois défenseurs, de la longue plaidoirie préparée au prix d'un travail incessant de quatre jours et de quatre nuits. Desèze réclama d'abord, en juriste, le bénéfice de l'inviolabilité du roi, édictée par la Constitution de 1791. Il contesta à l'Assemblée le droit de juger Louis. Puis il examina les faits reprochés à l'accusé, s'efforçant de les réfuter. Il n'hésita pas à prendre l'Assemblée vigoureusement à partie : « Citoyens, je vous parlerai ici avec une franchise d'un homme libre : je cherche parmi vous des juges, et je n'y vois que des accusateurs. Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et c'est vous-même qui l'accusez. Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et vous avez déjà émis votre voeu. Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et vos opinions parcourent l'Europe. » Il acheva faisant l'éloge de Louis, Louis économe, Louis juste, sévère, Louis l'ami constant du peuple.
A plusieurs reprises, la plaidoirie de Desèze avait suscité des murmures, vite réprimés : ainsi quand il avait osé dire : Le peuple voulut la liberté ; il la lui donna ! Après son défenseur, Louis ajouta quelques mots pour rappeler qu'il n'avait jamais été guidé que par l'amour de « son peuple ». On lui fit encore présenter les clés de l'armoire de fer, pour qu'il les reconnût : il ne les reconnut pas, et il se retira suivi de ses conseils.
Proces de louis 16
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Mort de Louis XVI