Le couperet tombe
rideau
Les mains attachées derrière le dos, il se laisse couper sommairement les cheveux qu'il porte courts sous la perruque, puis, appuyé sur M. de Firmont, commence de gravir le roide escalier de Sanson. C'est pour un homme de sa taille et de son poids extrêmement malaisé. Un instant, on croit qu'il va faiblir. Cela tient seulement à la difficulté de se maintenir en équilibre. Dès qu'il parvient au faîte, « il s'arrache pour ainsi dire » à ses bourreaux et traverse d'un pas souverain la plate-forme dans toute sa largeur. D'un signe, il arrête les tambours, et, d'une voix tonnante « qu'on entendit jusqu'au pont-tournant », il s'écrie :
— Peuple, je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France...
Il va poursuivre. Des soldats pleurent. Le général Berruyer, et non pas son adjoint, Beaufranchez d'Ayat, fils de Morphise, ancienne maîtresse de Louis XVI, fait reprendre les tambours. Sanson demeure sans initiative. Son fils et son premier valet s'activent, bouclent les sangles. On entend un « cri affreux », probablement occasionné par la compression du cou par la lunette. Le couperet tombe. Il est dix heures vingt-
deux minutes.
Mort de louis 16
anecdote
accueil
Accueil
Mort de Louis XVI