L'affolement dans le rang des Girondins
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arrestation des Girondins en 1793
La séance du 2 juin ne commença qu'à 10 heures et les discussions furent longues avant que soit promulgué le tristement célèbre décret, dont la rédaction a été attribuée à Saint-Just, qui obligeait les vingt-neuf députés girondins les plus influents, ainsi que deux ministres, Clavière et Lebrun, à rester à leur domicile et à ne circuler qu'escorté d'un gendarme. Ce n'était pas l'arrestation pure et simple demandée par Hanriot, mais c'était la chute de la Gironde, de ce groupe d'hommes dans l'ensemble modérés, qui avaient cru à la Révolution, mais l'avaient vue leur échapper. Les vingt neuf députés décrétés d'arrestation à leur domicile « sous la sauvegarde du peuple français et de la Convention nationale » étaient : Brissot, Gensonné, Guadet, Vergniaud, Pétion, Gorgas, Salle, Barbaroux, Buzot, Chambon, Biroteau, Lidon, Lasource, Lanjuinais, Grangeneuve, Lehardy, Lesage, Louvet, Dufriche-Valazé, Kervélégan, Gardien, Rabaut Saint-Etienne, Bertrand Lahosdinière, Viger, Mollevaut, Larivière, Gomaire, Bergoing.
Ce fut l'affolement dans le rang des Girondins. Nombreux furent ceux qui refusèrent absolument de rester à la disposition de la justice populaire, ne connaissant que trop les procédures expéditives et fatales, iniques s'il en fut.
Ainsi Brissot, qui savait que Robespierre, son ennemi implacable, ne lui ferait pas quartier, avait préféré s'enfuir avec un faux passeport. Mais il fut arrêté à Moulins et reconduit sous bonne escorte à Paris pour y être incarcéré.
Vergniaud, ancien ami de Robespierre, ne voulut pas fuir et fut emprisonné en juillet.
Le sort de ceux qui quittèrent Paris et ses dangers ne fut généralement pas meilleur. Pétion, l'ancien maire de Paris, tenta un soulèvement fédéraliste en Normandie, s'enfuit en Bretagne puis se réfugia à Bordeaux où il préféra se suicider plutôt que d'être pris. Celui qui avait été, lui aussi, l'ami de Robespierre était devenu son ennemi. Il avait eu l'imprudence de déclarer le 12 avril 1793 : « Il faudra que Robespierre soit enfin marqué du fer chaud destiné aux calomniateurs... »
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La chute des Girondins