Le destin en marche
rideau
Le 23 septembre1794, Carrier est attaqué directement à la Convention par Legendre qui évoque la Loire rougie de sang. Le voyeur aurait peut-être pu se tirer de ce mauvais pas, mais il est rattrapé par son destin : le 8 septembre s'ouvre à Paris le procès des 94 Nantais que le comité révolutionnaire de Nantes avait fait arrêter et expédier au Tribunal révolutionnaire le 27 novembre 1793, avec ordre de mission de Carrier. Faute de motif précis d'inculpation, ils n'avaient pas été jugés. Le Tribunal révolutionnaire réorganisé, dès lors, la bataille juridique s'engage à fronts renversés : défendus par Tronson Ducoudray (l'avocat de Marie-Antoinette à gauche) et par Phélippes-Tronjolly que Bô et Bourbotte avaient fait arrêter le 12 juin et qui avait été joint aux accusés, les 94 Nantais sont tous acquittés. Par contre, les horreurs de l'hiver 1793-1794 sont publiquement dévoilées. Carrier, qui a été appelé à déposer comme témoin, fait fâcheuse impression, en prétendant qu'il « n'a fait que passer à Nantes. »
Le 16 octobre 1794 s'ouvre, devant le Tribunal révolutionnaire, le procès du comité révolutionnaire de Nantes. Ses membres avaient tous été arrêtés dès le 12 juin, en même temps que leur dénonciateur Phélippes-Tronjolly, non pour les crimes qu'ils avaient commis, mais pour prévarication.
Bien entendu les accusés, afin de se défendre, tentent de rejeter sur Carrier toutes les responsabilités. C'est une tactique payante, d'autant plus que l'opinion publique est déchaînée. Dès le 27 octobre, un obscur député, Raffron, demande la comparution de Carrier devant le Tribunal révolutionnaire. Le surlendemain, la Convention forme, par tirage au sort une Commission dite des 21, pour enquêter sur la mission de Carrier à Nantes. Le 23 novembre, par 498 voix sur 500, elle l'envoie au Tribunal révolutionnaire. Dès lors le destin de Carrier est scellé.
Tronson Ducoudray
anecdote
accueil
Accueil
Jean-Baptiste Carrier