Après Varennes... Le retour à Paris
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Le 22 juin, à 3 heures du matin, un courrier parti de Varennes, annonça l'arrestation à l'Assemblée. Elle prit des mesures immédiates pour assurer la protection du roi et dépêcha trois autres commissaires : Barnave, Pétion et LatourMaubourg. La famille royale mit quatre jours pour revenir à Paris. Les trois commissaires rejoignirent le cortège entre Epernay et Dormans. Pétion et Barnave montèrent dans la voiture. Le premier affecta la grossièreté ; le second fut presque conquis par Marie-Antoinette. Dans toutes les villes que l'on traversait, la foule manifestait son hostilité, quand elle n'accablait pas le roi et la reine d'outrages. Louis restait impassible sous les invectives. Mais la reine ne pouvait dissimuler son chagrin et son mépris et Barnave, s'empêcher d'admirer le courage de cette femme. Il était 7 heures du soir, le 25 juin, quand on aborda les Champs-Elysées. Une double haie de gardes nationaux protégeait la berline que La Fayette précédait à cheval. On se montrait sur le siège les trois gardes du corps qui avaient les mains liées derrière le dos. La foule était immense, mais silencieuse, ou presque ; on entendait quelques cris de « Vive la nation ! Vive Drouet ! Vive la brave garde nationale de Varennes ! ». Cependant sa fureur éclata, lorsque la voiture arriva aux Tuileries. Il s'en fallut de peu que la reine ne fût écharpée. D'Aiguillon et Noailles la sauvèrent de justesse.
Lorsque Mme Campan la revit, quelques jours après, la reine ôta son bonnet et lui dit de regarder l'effet que la douleur avait produit sur ses cheveux : « En une seule nuit, ils étaient devenus blancs comme ceux d'une femme de soixante-dix ans. »
Le 29 juin, elle parvint, malgré la surveillance dont elle était l'objet, à faire passer ce message chiffré à son cher Fersen : « J'existe... Que j'ai été inquiète de vous et que je vous plains de tout ce que vous souffrez de n'avoir point de nos nouvelles ! Le ciel permettra-t-il que celle-ci vous arrive ? Ne m'écrivez pas, car ce serait nous exposer, et surtout ne revenez sous aucun prétexte. On sait que c'est vous qui nous avez sortis d'ici ; tout serait perdu si vous paraissiez. Nous sommes gardés à vue jour et nuit : cela m'est égal... Soyez tranquille, il ne m'arrivera rien. L'Assemblée veut nous traiter avec douceur. Adieu... Je ne pourrai plus vous écrire. »
Pourtant, le 4 juillet, elle écrivait à nouveau : « Je puis vous dire que je vous aime et n'ai même le temps que de cela. Je me porte bien. Ne soyez pas inquiet de moi. Je voudrais bien vous savoir de même. Ecrivez-moi par un chiffre par la poste : l'adresse à M. de Browne... une double enveloppe à M. de Gougens. Faites mettre les adresses par votre valet de chambre. Mandez-moi à qui je dois adresser celles que je pourrais vous écrire, car je ne peux vivre sans cela. Adieu, le plus aimé et le plus aimant des hommes. Je vous embrasse de tout mon coeur.»
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Le roi gagne et perd