Les généraux dans le collimateur
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Ils étaient en particulier redoutés par les généraux, car ils avaient le droit de les suspendre sur-le-champ, pour la moindre faute, fût-ce un simple manque d'entrain et de les remplacer par n'importe quel candidat de leur choix. Sur la dénonciation de quelque subalterne mécontent, ils les déféraient au Tribunal révolutionnaire. C'est qu'ils apportaient dans leurs bagages la peur obsessionnelle qu'avait la Convention d'être trahie.
Les armées de la République, plus encore que par l'ennemi, étaient menacées par le désordre, les complots, les désertions et l'incompétence généralisée.
Beaucoup d'officiers appartenaient aux cadres d'Ancien Régime. Ils avaient certes résisté aux sirènes de l'émigration, mais la proximité, aux frontières, de leurs frères d'armes, entretenait les tentations. Ils méprisaient les nouvelles recrues et surtout les officiers carmagnole.
Toute erreur pouvait conduire à l'échafaud. L'exécution de Custine d'abord, puis celles de Beauharnais et de Biron affolèrent les plus fermes têtes. Houchard ( gauche), géant de un mètre quatre-vingt-dix au visage couturé de cicatrices, victorieux des Anglais à Hondschoote, s'écria un jour en présence d'un représentant :
- Battez-vous donc pour ces bougres-là qui vous guillotinent ensuite!
- C'est précisément ce qui t'arrivera si tu nous trahis, riposta sèchement son interlocu teur.
Effectivement le malheureux Houchard fut décapité deux mois plus tard pour n'avoir pas su profiter de sa victoire. Flers, qui avait perdu la confiance des citoyens-soldats, et Brunet, qui avait refusé de diffuser dans ses régiments des exemplaires de la Constitution, subirent le même sort, et le représentant Albitte déclara que si le goût du sang humain était compatible avec le civisme il se désaltérerait volontiers de celui de Brunet.
Quelques-uns, comme Montesquiou-Fézensac, vainqueur des Piémontais, ne trouvèrent le salut que dans la fuite.
Général Houchard
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