Personne n'avait plus d'ambition
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La victoire n'était nullement une garantie de survie, mais presque un risque supplémentaire.
Plus encore que d'un incapable ou d'un traître, la République avait en effet la hantise prémonitoire d'un général trop heureux. Et Saint-Just allait jusqu'à reprocher à Barère, porte-parole du Comité de salut public, d'abuser des envolées oratoires lorsqu'il annonçait des succès militaires à la tribune de la Convention. Le soldat qui défendait la Nation devait s'identifier à elle, et non à son régiment ou à son chef.
Mais les représentants, à force de pourchasser des héros virtuels, en firent de bien réels. Ce sont eux qui firent sortir du rang les Hoche, les Kleber, les Jourdan, les Masséna, avant de consacrer de leurs mains le César redouté. Bonaparte en effet dut sa carrière à deux représentants en mission, Salicetti, et surtout Gasparin.
Cette rigueur avait pour conséquence une dérobade générale devant les responsabilités. Personne n'avait plus d'ambition. « Tout le monde voulait obéir. » Pichegru lui-même commença par refuser le commandement de l'armée du Rhin. Les autres invoquaient soit leur incompétence soit leurs antécédents nobles.
Bouchotte, admiratif mais inquiet, prenait ces réticences pour un excès de modestie.
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