La revue des troupes de Louis XVI
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Le 9 août 1792 à minuit, le tocsin se mit à sonner. C'était le signal convenu. Les sections se remplirent. Les colonnes se formèrent : la plus importante était celle du faubourg Saint-Antoine. Aux Tuileries, personne ne pouvait dormir. Les Suisses avaient pris position ainsi que les gardes nationaux. Un plan de défense avait été préparé par Viomesnil et adopté par le roi. Mandat, commandant général de la garde nationale, était décidé à l'appliquer. Il avait rameuté les bataillons les plus fidèles ; il les avait disposés dans les jardins et les cours, et fait mettre des canons en batterie. Ces hommes attendaient la venue de Louis : quelques paroles eussent relevé leur courage, mais, comme toujours, incertain de la conduite à tenir, il s'abstenait de se montrer !
Vers 4 heures, Mandat fut convoqué à l'hôtel de ville. Il s'y rendit, ignorant que le comité insurrectionnel en avait chassé la municipalité. On le mit en état d'arrestation. Et, comme on le conduisait à la prison de l'Abbaye, il fut massacré par la populace.
Les colonnes d'émeutiers s'ébranlèrent entre 5 et 6 heures du matin, le 10 août par conséquent. Elles ne se hâtaient point ; il leur fallait converger avec ensemble vers les Tuileries, afin de n'être pas écrasées séparément. Dans le palais, la défense paraissait désorganisée par la disparition de Mandat. On décida le roi à passer les défenseurs en revue.
Dans les cours de la façade du Carrousel, il fut accueilli par de nombreux cris de « Vive le roi! » mais les canonniers de la cour Royale restèrent silencieux ou crièrent : « Vive la nation! »
Quand il passa dans le jardin des Tuileries, les cris de « Vive la nation! » se firent de plus en plus fréquents à mesure qu'il se rapprochait du Pont-Tournant.
Du côté du bord de l'eau, il y avait de nombreux sans-culottes armés de piques. Ils criaient « A bas le veto! » et aussi : « A bas le gros cochon! » La reine, qui du château entendait ces cris, essuyait ses yeux rougis.
gardes suisses aux tuileries
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La prise des Tuileries