La retraite sur l'Assemblée
rideau
prise du châteus des tuileries le 10 août 1792
On réunit les tambours qui n'avaient pas péri, on fit battre l'Assemblée [le rassemblement], et malgré la grêle des balles qui tombaient de toutes parts, on parvint à ranger les soldats comme à un jour de parade. Pour couvrir la retraite, on pointa deux des pièces enlevées aux assaillants et qui se trouvèrent encore chargées, contre le vestibule, à côté de la grille. M. de Durler y plaça deux hommes avec ordre de lâcher leur coup de fusil sur la lumière [de mise à feu] si l'on était poursuivi... La traversée du jardin fut extrêmement meurtrière. Il fallut soutenir un feu très vif de canon et de mousqueterie qui partait de trois points différents : la porte du Pont Royal, celle de la cour du Manège, et la terrasse des Feuillants. M. de Gross eut la cuisse cassée d'une balle, il tomba près du bassin, auprès du groupe d'Aria et de Poetus. »
Arrivés à l'Assemblée, ces suisses sont conduits au poste de garde des Feuillants, où le roi leur fait porter l'ordre écrit de se laisser désarmer. Du coup, on peut même les déshabiller.
Déjà les patriotes occupent le Carrousel ; ils ont reçu des renforts, de nouveaux canons. Et d'autres détachements attaquent maintenant par le jardin.
« Une partie des suisses qui occupaient les appartements n'avait pu se joindre au détachement qui se retirait sur l'Assemblée nationale. Ils descendirent au moment où les Marseillais entraient dans le château, et ayant trouvé chargées les pièces que M. de Durler avait laissées, ils y mirent le feu, ce qui leur donna le temps d'opérer leur retraite par le jardin... Les suisses épars dans les divers postes du château et dans les cours n'avaient pas été prévenus de la retraite qui venait d'être ordonnée ; entendant les derniers coups de canon qui furent tirés sous le vestibule, ils se replièrent la plupart sur le grand escalier. Quatre-vingts suisses environ défendirent ce poste contre la foule innombrable des assaillants ; ils en tuèrent quatre cents avant de céder. Ils soutinrent le choc pendant vingt minutes, et tous furent massacrés ; aucun n'essaya de se sauver par la fuite...
« Un moment après, le sergent Stofel, de Mels, canton de Saint-Gall, commandant quinze hommes qu'il avait ramenés de divers postes, se fit jour jusque sous le vestibule, où se trouvaient les canons qui venaient d'être abandonnés et que les Marseillais gardaient. Il s'empara de trois ; il les défendit quelque temps et fit enfin sa retraite sur l'Assemblée. »
Mais les retraites sur l'Assemblée tournent au désastre : « Au moment où le feu commença, les deux cents gentilhommes (présents au château) se portèrent dans la salle des gardes de la reine, afin de délibérer sur ce qu'il y avait à faire dans une circonstance aussi critique. Il y avait déjà une demi-heure que le feu des cours durait, lorsqu'ils résolurent de se rendre auprès du roi à l'Assemblée nationale. Ils rallièrent tous les suisses qui se trouvaient dans cette partie du château, quelques gardes nationaux, et l'on descendit dans le jardin au nombre d'environ trois cents personnes. C'était par la grille de la reine, que l'on brisa, qu'il fut possible de sortir du château ; mais, comme on ne pouvait y passer qu'un à un, et qu'on était à trente pas des bataillons postés à la grille du pont royal, cette sortie était extrêmement dangereuse.
« Cette petite troupe, précise Pfyffer, s'était d'abord dirigée sur l'Assemblée et y fut reçue à coups de fusil ; elle se porta au Pont Tournant et le trouva fermé ; enfin, elle put sortir par le jardin du dauphin. Arrivés à la place Louis-XV, la gendarmerie à cheval chargea les suisses ; la plupart furent massacrés. »
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La prise des Tuileries