Une lettre déchirante de Louis XVI
rideau
On peut s'imaginer ce que devaient penser le roi et la reine, en assistant à ces scènes, de l'étroite loge du Logotachygraphe. Le bruit du canon, les décharges de mousqueterie, les sorties des Suisses, dont ils recevaient l'écho, ranimèrent-ils leur espoir que l'insurrection serait vaincue? C'est probable, car Louis XVI attendit bien longtemps avant d'écrire le billet qu'il remit enfin au maréchal de camp d'Hervilly pour ordonner aux Suisses de cesser le feu.
La reine ne pouvait dissimuler son chagrin et son mépris. On les conduisit aux Feuillants, où, dans de misérables cellules, ils passèrent le reste de la nuit. Le lendemain, la Commune s'opposa au transfert de la famille royale au Luxembourg, en raison des risques d'évasion. Elle ne voulait pas lâcher sa proie. Elle exigea que Louis et les siens lui fussent remis. Pétion et Santerre conduisirent ceux-ci au Temple.
Le 12 août 1792, Louis écrivit à Monsieur cette lettre déchirante :
« Mon frère,
« Je ne suis plus roi : le cri public vous fera connaître la plus cruelle catastrophe... Je suis le plus infortuné des époux et des pères... Je suis victime de ma bonté, de la crainte, de l'espérance : c'est un mystère inconcevable d'iniquité ! On m'a tout ravi, on a massacré mes fidèles sujets ; on m'a entraîné par ruse loin de mon palais ; et l'on m'accuse ! Me voilà captif ; on me traîne en prison ; la reine, mes enfants, Madame Elisabeth partagent mon triste sort. Je n'en puis plus douter ! Je suis un objet odieux aux yeux des Français prévenus... Voilà le coup le plus cruel à supporter. Mon frère, bientôt je ne serai plus, songez à venger ma mémoire en publiant combien j'aimais ce peuple ingrat. Un jour, rappelez-lui ses torts et dites-lui que je lui ai pardonné. Adieu, mon frère, pour la
dernière fois. » « Louis. »
Cette lettre fut interceptée et livrée à la Commune.
Louis XVI à l'assemblée
anecdote
accueil
Accueil
La prise des Tuileries