Le départ du roi des Tuileries
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L'attaque était imminente. Déjà, place Vendôme, le sang avait coulé ; une patrouille royaliste avait été surprise et massacrée. On promenait les têtes de ces malheureux au bout d'une pique. Mais Louis XVI avait déjà pris sa décision. Au risque de périr ignominieusement, il ne voulait pas faire tirer sur le peuple. Viomesnil avait perdu sa peine et Mandat était mort pour rien ! Louis avait envoyé prévenir l'Assemblée, qui ne bougea point. Le procureur-syndic Roederer lui déclara alors que, puisqu'il renonçait à se défendre, il allait infailliblement périr et causer la perte de sa famille, à moins qu'il ne prît immédiatement le parti de se rendre à l'Assemblée. La reine se récria. Roederer répliqua qu'elle serait responsable de la mort de son mari. Quant au roi, l'idée de placer le pouvoir exécutif sous la protection de l'Assemblée lui parut habile. Mais les législateurs étaient-ils décidés à le protéger ? Le pitoyable cortège sortit du château, traversa les jardins entre deux haies de Suisses et de gardes nationaux. La foule hurlait : « A bas le veto ! Point de femmes ! Nous voulons le roi seul ! » Le roi et la reine étaient accompagnés de leurs enfants, de Madame Elisabeth, de la princesse de Lamballe et de Mme de Tourzel. Les ministres donnaient le bras aux dames. On arriva au Manège. Le roi s'assit aux côtés de Vergniaud qui présidait ; il dit :
— Messieurs, je viens ici pour éviter un grand crime ; je me croirai toujours en sûreté avec ma famille au milieu des représentants de la nation.
Vergniaud répondit :
— L'Assemblée nationale connaît tous ses devoirs, elle regarde comme un des plus chers le maintien de toutes les autorités constituées.
Le règlement ne permettait pas que l'Assemblée délibérât en présence du roi. On plaça donc symboliquement la famille royale dans le « logographe », qui était la loge grillagée où se tenait habituellement le secrétaire chargé des procès-verbaux. Roederer prit la parole pour relater la situation. Tout à coup on entendit un coup de canon, suivi d'une fusillade.
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La prise des Tuileries