Le gouverneur de la Bastille
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de Launay - gouverneur de la bastille
La foule ne pense guère à en délivrer les captifs, tous inconnus, et dont on ignore qu'il n'y en a plus que sept, pour la plupart des malades mentaux. Elle s'égosille à réclamer la poudre et des cartouches, que le gouverneur, Launay, n'a aucune intention de livrer. Chez lui, on est gouverneur de la Bastille de père en fils, comme d'autres possèdent des fiefs. C'est là qu'il est né, en 1740, et sa fidélité au Roi fait partie de sa nature, d'une honnête médiocrité, sans cruauté, sans bonté. Il fait seulement preuve d'une irrésolution presque pathologique, dont il va être la victime en ce 14 juillet, où il affronte le premier péril sérieux que la Bastille ait couru depuis qu'il en a la charge.
la bastille avant 1789
Launay s'attendait pourtant à l'épreuve que Sombreuil vient de subir aux Invalides, mais il comptait sur les quinze canons formidables qu'il fait avancer, première maladresse, aux créneaux des tours, ce qui provoque le premier déchaînement d'irritation des assaillants contre lui. Il fait confiance aussi à l'épaisseur de ses murailles, plus encore qu'à la garnison réduite : quatre-vingts invalides, dont beaucoup sont connus dans le faubourg et tournent eux aussi du « mauvais côté »; il vient de les faire renforcer par les trente Suisses de Salis-Samade, que Besenval lui a envoyés. C'est bien peu pour tenir tête à des milliers de Parisiens déchaînés; mais il a fait replier ses hommes dans les cours intérieures, là où il faudrait accéder par deux ponts-levis successifs, qu'il a fait relever dès le matin.
Malgré ses craintes devant la grande affluence, il ne croit pas sérieusement que la plus belle forteresse du Roi, même défendue par un petit nombre de soldats, pourrait succomber à l'assaut éventuel de menuisiers, d'ébénistes, de serruriers, de ciseleurs, de cordonniers, de marchands de vin, de chapeliers, de teinturiers, qui n'ont jamais vu le feu
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