Les offices clandestins
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offices clandestins 1794
Des burons d' Auvergne, des bergeries des Causses, les grottes de la Nerthe aux environs de Marseille et des falaises de l'Anglin, en Poitou, la baume de la Creux-Maldru, dans le Jura, servirent au culte clandestin. En Vendée dans les clairières de la forêt du parc de Soubise et aux Grands Abatteux, des milliers de personnes se rassemblèrent pour prier.
Les temps du Carême et de Pâques virent la multiplication des offices clandestins. « Les jours appelés Pâques en style fanatique, écrit le représentant en mission dans la Meuse au Comité de Salut public, sont ceux des fureurs de la superstition. »
Et le représentant aux Armées des Côtes de Brest, le 9 mars 1794: « Le ci-devant Carême et les ci-devant Pâques sont un temps redoutable dans le Morbihan par l'ascendant que les prêtres réfractaires qui y sont en grand nombre ont encore sur l'esprit des habitants des campagnes. »
A Launac (Haute-Garonne), l'abbé Cablat quitte sa cache pour les Rameaux et dit la messe devant trois mille fidèles sans que les autorités osent intervenir. A Saint-Pem (Ille-et-Vilaine), en pleine répression, au milieu d'un quadrillage de troupes, la communion pascale rassemble tous les habitants autour de l'ancien supérieur des Missions de Rennes. A Thury (Manche), le pèlerinage de Bonne-Nouvelle « réunit, selon le représentant en mission, près de quatre mille imbéciles, parmi lesquels sont sûrement des prêtres et qui s'agenouillent autour des murailles de la chapelle, pour prier, pleurer et chanter. ».
offices clandestins en 1794
Si le culte clandestin c'est d'abord la messe, c'est aussi l'administration des sacrements. Les femmes jouèrent un rôle important comme propagatrices de la foi par l'instruction religieuse des enfants.
Certaines portèrent sur elles l'Eucharistie comme Mlle Humann, à Strasbourg ou Marie-Madeleine Postel, à Barfleur ; d'autres créèrent des confréries pour la visite des prisons notamment à Grenoble ; d'autres encore furent des animatrices de prières publiques, telle Marie Rivier, en Ardèche. L'enseignement du catéchisme releva par excellence de leur apostolat.
On a recensé quatre mille six cents condamnations à mort et à la déportation pour des motifs strictement religieux : refus du serment à la Constitution civile du clergé, exercice clandestin du ministère sacerdotal, aide apportée aux réfractaires, recel de réfractaires, propagation du « fanatisme » par la parole ou l'écrit, maintien de la vie religieuse en dépit de la suppression des voeux de religion et des congrégations y compris le, hospitalières et enseignantes.
Les déportés endurèrent des souffrances atroces : sur huit cent cinquante prisonniers entassés sur les pontons (vieux trois-mâts) à Rochefort, en 1794, deux cent soixante quatorze seulement vivaient encore lors de leur libération en 1795. Quant aux condamnés à la noyade, ils montaient enchaînés sur les barques pourvues d'un ingénieux système de sabords qui permettait de les précipiter au fond de la Loire, « torrent excellemment révolutionnaire », au dire de Carrier.
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Prêtres réfractaires