La messe dans des maisons
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la messe avec les prêtres réfractaires
Tous ces prêtres, parmi lesquels à Paris le père de Clorivière, l'abbé de Kéravenant, l'un de ces fameux aumôniers de la guillotine qui, en carmagnole et bonnet phrygien, accompagnaient les sinistres charrettes pour assurer l'assistance spirituelle des condamnés à mort, le père Chaminade à Bordeaux, M. Linsolas à Lyon, M. Garrigou à Toulouse, M. Loppidé à Rouen qui joueront un rôle important après la tourmente révolutionnaire et contribueront à la renaissance du catholicisme tous ces prêtres, et il y en eut des milliers, baptisent, confessent, portent le viatique aux mourants, célèbrent la messe dans des appartements, maisons, fermes, greniers, fruitiers, caves, chais, burons, bergeries, voire dans des grottes et des bois. Selon les instructions données par plusieurs évêques, car il y eut une organisation de l'Eglise de l'ombre, « c'est dorénavant dans l'intérieur des maisons, dans des lieux solitaires et cachés qu'est retirée la véritable Eglise de Jésus-Christ ».
messe des prêtres réfractaires dans les maisons
A Paris, dans le quartier de Saint-Sulpice, le père de Clorivière, constamment recherché mais qui ne sera jamais pris, célèbre souvent la messe dans un appartement de la rue Cassette où se sont installées des moniales sécularisées depuis la suppression des ordres religieux. Rues de Sèvres, Garancière, de Tournon, Neuve Sainte-Geneviève, Mouffetard, Gît-le-Coeur et même cour du Commerce, où Danton et Camille Desmoulins sont domiciliés, des prêtres sont accueillis.
A Bordeaux, chez les Durand des Granges, l'abbé Chaminade célèbre la messe dans un étroit réduit proche du grand salon quand une nuit, juste après la consécration, les sans-culottes font irruption. La maîtresse de maison, très calme, referme la porte sur l'abbé et accompagne habilement les visiteurs dans leur perquisition. Immobile, l'hostie en main, prêt à communier s'il est découvert, le prêtre attend et finalement poursuit sa célébration, les révolutionnaires étant repartis bredouilles. Rue des Ayres, le chanoine Boyé officie chez Mme Deyres. Rue Sainte-Eulalie, les demoiselles Vincent ont instauré dans leur appartement un service nocturne de prière devant le Saint-Sacrement exposé.
A Orléans, chez les demoiselles Barberon, une resserre servit d'oratoire pendant des mois. Marie-Anne Poulain fit de sa demeure, comme l'en accusera Fouquier-Tinville, « le centre de la résistance du clergé » et sera guillotinée.
L'abbé Noël Pinot, curé de Louroux Béconnais (Maine-et-Loire), arrêté dans la ferme de la Milandrie vers minuit, revêtu de ses ornements sacerdotaux, est condamné à mort à Angers le 21 février 1794. Conduit à l'échafaud en aube et chasuble, il récite le psaume Introibo ad altare Dei (Je m'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu) qui ouvrait alors la messe.
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