Les prêtres... Des fonctionnaires élus
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la constitution civile du clergé
Décidée le 12 juillet 1790, sans aucune consultation préalable ni de l'épiscopat ni de Rome, la constitution civile du clergé faisait des évêques (qui ne recevaient plus l'investiture spirituelle du pape) et des curés et vicaires des fonctionnaires élus par des assemblées locales composées de citoyens actifs qui pouvaient être ou non catholiques.
Le pouvoir, refusant de reconnaître la personnalité morale de l'Eglise, la soumettait entièrement à l'Etat. Sans attendre de connaître la position des évêques et du pape, les autorités avaient invité les ecclésiastiques à prêter serment à la constitution civile courant janvier 1791, étant entendu que seuls ceux qui le feraient continueraient à exercer leur ministère pastoral et à recevoir un traitement. Or, à la grande surprise des députés, 153 évêques sur 179 refusèrent le serment.
les prêtres fonctionnaires réfractaires
Le 13 avril 1791, Pie VI condamne la constitution civile du clergé et exhorte les prêtres qui ont refusé le serment (47 % avant son intervention, environ 51 % après) à persister dans le parti qu'ils avaient pris. « Dépossédés et chassés par la puissance civile vous serez toujours, leur dit-il, légitimes pasteurs. »
Au mois d'avril 1791, pendant que s'organisait l'Eglise constitutionnelle, les prêtres non-jureurs quittèrent évêchés et presbytères. Certains partirent pour l'étranger, d'autres louèrent un logement, se réfugièrent chez des parents ou acceptèrent d'amicales hospitalités.
Le 29 novembre 1791, l'Assemblée législative décréta que les prêtres qui ne prêteraient pas le serment dans la huitaine seraient réputés suspects de révolte contre la loi et de mauvaises intentions contre la patrie. Suspects ! Le mot devait être souvent repris par les pouvoirs totalitaires, de gauche comme de droite. Ce texte restant sans effet, l'Assemblée, passant outre au veto du roi, décida le 27 mai 1792 de déporter les réfractaires.
Dans certaines villes de province, les sans-culottes se déchaînèrent contre la prêtraille, notamment à Bordeaux où, le 15 juillet 1792, ils assassinèrent l'abbé Langoiran et promenèrent sa tête au bout d'une pique.
Il avait osé écrire : « Il paraît étonnant qu'après avoir déclaré la liberté des opinions religieuses on réduise cinquante mille ecclésiastiques à la cruelle alternance d'un faux serment ou d'une indigence sans ressource. "»
Enfin, le 26 août, l'Assemblée, « considérant que les troubles excités dans le royaume par les ecclésiastiques non sermentés est une des premières causes des malheurs de la patrie » ; estima qu'il y avait état d'urgence et vota une loi d'après laquelle ceux qui n'avaient pas prêté serment et ceux qui l'ayant prêté l'avaient rétracté, devaient dans les huit jours quitter leur domicile et dans les quinze passer les frontières.
Ce délai expiré, ils seraient déportés en Guyane. Des milliers de prêtres insermentés prirent alors le chemin de l'exil, d'autres se cachèrent.
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Prêtres réfractaires