Les prêtres clandestins de 1794
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Interdits de séjour, pourchassés, les prêtres réfractaires qui célèbrent le culte en secret et les laïcs qui les reçoivent, les aident et, à partir du décret du 27 germinal, an II (16 avril 1794), les prêtres constitutionnels restés fidèles à leur sacerdoce, risquent donc la peine de mort.
Que font, pour vivre, les prêtres clandestins qui ne disposent pas d'une fortune personnelle? Ils exercent diverses professions, divers métiers ou occupent des emplois publics en dissimulant leur identité véritable.
Les voilà répétiteurs, professeurs de langues, de sciences ou de mathématiques, médecins, conseillers juridiques, merciers, épiciers, marchands de tableaux, ménétriers, fripiers, colporteurs, chaudronniers, porteurs d'eau, jardiniers, menuisiers, tisserands, gardes magasiniers, employés de l'Enregistrement, secrétaires au district, voire manutentionnaires au service des armes de la République .
Presque tous détiennent une carte de civisme, certains, naturellement sous des noms d'emprunt, participent aux assemblées de leur section ou prennent du service dans la Garde nationale. Ainsi M. Guillon, devenu M. Pastel, médecin résidant à Sceaux. Un jour, à la barrière d'Orléans, il subit un examen en règle. Le factionnaire regarde longuement sa carte, le dévisage et finalement la lui rend en disant : « C'est faux ! Tu mens, citoyen ! Tu mens ! Tu es un calotin de la pire espèce et tu ne t'appelles pas Pastel mais Guillon. » Et voyant que son interlocuteur, troublé, cherche la parade, il ajoute : « Médecin des corps, soignez bien les âmes ! » Alors M. Guillon reconnait, sous l'uniforme du garde, l'abbé Borderies du collège Sainte-Barbe ! Plus tard, ce Borderies deviendra vicaire général de Paris, puis évêque de Versailles !
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