La mort de la princesse Lamballe
rideau
mort de madame lamballe
Les détails abondent sur la mort tragique de Mme de Lamballe, mais ces détails présentent des divergences nombreuses. Voici un témoignage...
Venant de la rue Saint-Paul, je vis de nombreux curieux à l'entrée de la rue des Ballets, et j'appris qu'on massacrait à la Force. Le spectacle ne me tentait guère, mais il faut bien avoir vu quelque chose, en ces temps où il y a tant de choses à voir. Je me mêlai donc aux curieux, et tout doucement, en me glissant entre les groupes, je réussis à atteindre presque le haut de la rue. De l'endroit où je me trouvais, j'apercevais, au-dessus des têtes, l'entrée de la demeure du concierge de la prison, devant laquelle se tenaient des hommes armés de sabres et de piques. Cétaient évidemment les exécuteurs.
Une femme apparut, encadrée par deux hommes et suivie par un guichetier. J'entendis dire que c'était la princesse de Lamballe, l'amie de la malheureuse reine. Je ne l'avais jamais vue et je la croyais plus jolie.
Une scène rapide et atroce se déroula sous mes yeux.
En apercevant les corps étendus sur le sol, la princesse fit un geste d'horreur et recula vivement. Les deux hommes qui l'encadraient la saisirent chacun par un bras et lui parlèrent; elle répondit en faisant des gestes, mais je n'entendais pas les paroles.
Quelques-uns des exécuteurs s'étaient approchés du petit groupe et riaient, se moquant sans doute de la frayeur de la princesse. L'un d'eux la menaça de sa pique; elle recula, leva un bras comme pour se protéger. Les exécuteurs s'étaient écartés et je crus qu'ils allaient la laisser passer.
Je respirais, lorsque, tout à coup, deux de ces démons se placèrent devant elle et la frappèrent, l'un d'une pique, l'autre d'un sabre. Elle poussa un cri, tituba, porta une main sur sa poitrine, puis tomba sur un petit tas de cadavres, un peu à gauche de la porte, vers la rue des Ballets; elle essaya de se relever, mais elle reçut de nouveaux coups, ses bras s'agitèrent un moment, puis elle ne bougea plus. Les deux hommes qui l'accompagnaient n'avaient rien fait pour essayer d'empêcher ce meurtre.
J'ai su qu'après on lui avait coupé la tête, que son corps avait été mutilé, mais je n'ai pas vu cela, ayant profité d'une poussée de la foule pour quitter la rue des Ballets.
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