Les massacres commencent
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Les massacres commencèrent le dimanche 2 septembre 1792, vers trois heures de l'après-midi, au carrefour de Buci.
A cet endroit, la foule était assemblée devant une estrade d'enrôlement et saluait les volontaires de ses chants et de ses cris.
Soudain apparut un cortège composé de cinq voitures fortement escortées qui emmenaient à la prison de l'Abbaye des prêtres et autres suspects extraits du dépôt de la mairie, où la place commençait à manquer. Instantanément, tout bruit cessa et l'on n'entendit plus que le piétinement des chevaux, qui bientôt cessa aussi, car les voitures durent s'arrêter pour donner le temps à la foule de se ranger.
Alors, cette foule put contempler un horrible spectacle qu'un témoin, Georges Duval, décrit ainsi : Un homme, le sabre à la main, monta sur le marchepied de l'une des voitures et enfonça son sabre dans le coeur de l'un des prêtres qui s'y trouvaient. Le sang jaillit à gros bouillons. Un cri général d'horreur se fait entendre et la multitude se disperse, effrayée.
Cela vous fait peur, dit l'assassin, vous allez en voir bien d'autres.
Et, replongeant son sabre dans la voiture, il continua d'assassiner. Les voitures reprenaient tranquillement leur marche. Le monstre s'élance sur le marchepied de la voiture suivante, où son sabre, rouge de sang, va chercher de nouvelles victimes. Son exemple est suivi par les hommes de l'escorte et le massacre devient général.
Cette file de voitures roulant d'un pas lent et lugubre, ces hommes égorgeant les malheureux qu'elles renfermaient, les cris de désespoir de ceux-ci, les hurlements de joie des bourreaux, tout cela brisait l'âme. Le sanglant cortège arrivé devant la porte de l'Abbaye, les morts au nombre de huit à dix sont jetés à terre dans la rue.
Deux prêtres qui, par hasard, n'avaient reçu aucune blessure sont percés à coups de baïonnettes au moment où ils cherchaient à pénétrer dans le Comité civil de la section, qui tenait ses séances dans le local voisin. Quelques-uns des survivants parvinrent à entrer dans la prison de l'Abbaye... pour y être égorgés quelques instants plus tard.
Nous avons tenu, pour cette première scène qui semble avoir donné le signal des massacres, à reproduire le récit de Georges Duval, qui en fut témoin, afin que l'on ne puisse nous accuser de faire de l'horreur à plaisir.
le debut des massacres de septembre 1792
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Massacres de septembre