Paralysées, les villes... Et les campagnes...
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paysans-hiver-1789
Les hommes aussi paient tribut, ainsi qu'en témoignent les registres paroissiaux, et nombreux sont ceux que l'on retrouve frappés de congestion, ou tout simplement morts de faim, au détour d'une haie, à deux pas de leur chaumière, parfois.
La situation est tout aussi pitoyable dans les villes, malgré les ateliers de charité les « petits boulots » de l'époque et les soupes, que des oeuvres de bienfaisance distribuent aux indigents qui se comptent par milliers ; ces mendiants qu'on désignera plus tard sous la mention : « a quitté son domicile au temps de la cherté des grains ».
De fait, la maigre récolte de l'été s'amenuise (elle est presque épuisée, déjà !) et l'approvisionnement devient impossible, en raison de la glace et de la neige qui rendent impraticable la totalité des voies d'accès. Il faut se contenter, à l'exemple du curé Barbotin, d'un souper à la parisienne, fait d'un morceau de pain (le prix de la farine a doublé en moins d'un an) et d'un verre d'eau de la Seine ! On tente la fabrication d'un nouveau pain, dans lequel on incorpore, pour moitié, de la farine de pomme de terre. Necker et Parmentier (un spécialiste !) le goûtent et le trouvent excellent ; cet essai reste, toutefois, sans lendemain...
A l'aube du premier jour de l'année 1789, Paris s'éveille, Paris grelotte et frissonne : on a enregistré - 21,8 °C dans la nuit... Le bois de chauffage ne parvient plus dans la capitale et le peu qu'on trouve s'arrache à prix d'or. Il fallait, jusqu'à présent, quinze jours du travail d'un salarié pour un stère de bois ; il en faut désormais plus du double ! Le roi lui-même s'est enrhumé ! Il ne reçoit plus qu'au coin du feu (qui, lui, brûle encore...). Il fait un froid d'isba à Versailles. Paralysées, les villes... Paralysées, les campagnes... La France, frigorifiée, s'efforce de survivre !
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L'hiver sans pareil