Procession solennelle du 4 mai 1789
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députés du tiers Etat
Depuis le mois de mars, les gens du roi préparaient l'ouverture des Etats à Versailles. Prévue pour le 27 avril, la cérémonie a été différée pour permettre aux derniers venus d'arriver à temps — disent les uns parce que Louis songerait déjà — disent les autres — à renvoyer Necker. Mais enfin, le dimanche 3 mai, les hérauts d'armes du roi et le roi d'armes de France annoncent aux quatre coins de la ville de Versailles que la procession d'ouverture aura lieu dès le lendemain, lundi, au matin.
Ce cortège fixe, en un sens, le point de départ de la Révolution. Mais cette « auguste et touchante cérémonie » est aussi la dernière représentation de ce qui sera bientôt l'ancienne monarchie.
Dès 7 heures du matin (leur journée ne finira qu'à 16 heures), les députés sont sur pied en l'église Notre-Dame, pour la messe. A 10 heures, le roi les y rejoindra, accompagné dans sa voiture de plusieurs princes de sang ; de Berry, que l'on assassinera, d'Artois et son cousin, Chartres, le futur Louis-Philippe, qui mourront tous deux en exil. Son père, Orléans, incorrigible démagogue que l'on guillotinera bientôt, s'est rangé aujourd'hui avec les députés de son ordre. Le duc de Bourbon, — qui se suicidera — et son fils, Enghien — qui sera fusillé, sont déjà sur place. Elisabeth de France et la reine, condamnées elles aussi, arrivent à leur tour.
De là, après le Veni Creatôr, le cortège s'ébranle, à pied cette fois-ci, par des rues sablées vers l'église Saint-Louis. A la suite des prêtres versaillais, qui ouvrent la marche, — et dont beaucoup périront lors des massacres de septembre, — viennent, sur deux files, les députés des trois ordres, avec en tête, nombre de mandataires du Tiers, dont les jours aussi sont comptés ; certains déjà célèbres, tels Bailly ou Rabaut, d'autres qui le seront bientôt, Robespierre, Le Chapelier, Barnave, ainsi que le brave docteur Guillotin, qui lui, curieusement, traversera la tourmente.
Les Cent-Suisses et les gardes-françaises bordent les rues grouillantes de monde. Un balcon se paye 200 livres. Bel enterrement en somme, comme osera le dire tout de go le père de Mme de Boigne à la soeur du roi.
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