Réponse de Mirabeau à Louis XVI
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réponse de Mirabeau
L'Assemblée décidait de se retrouver le 22, jour prévu pour la séance royale, dans la salle des Menus-Plaisirs, et d'y rester après le départ du Roi, pour continuer ses travaux ordinaires.
Mais la séance royale fut ajournée au 23. Qu'à cela ne tienne! L'Assemblée décidait de se réunir le 22, dans l'église Saint-Louis, assez vaste pour recevoir un millier de personnes. A midi, cinq évêques vinrent avertir que la majorité du Clergé avait décidé de rejoindre le Tiers. Cent cinquante ecclésiastiques environ arrivèrent alors, emmenés par l'archevêque de Vienne et celui de Bordeaux. L'émotion fut intense. Deux nobles se faufilèrent derrière les curés, le marquis de Blacons et le comte d'Agoult.
Au matin du 23, de nouveau grand appareil des séances royales. De nouveau, attente des députés du Tiers — sous la pluie! — devant les portes, pendant que la Noblesse et le Clergé s'installaient confortablement. Trois discours du Roi manifestèrent ses intentions. Il y avait vraiment peu de réformes annoncées! Chaque intervention tomba dans le silence. Louis XVI s'en alla fâché.
Comme convenu, les députés restèrent. A l'injonction de Dreux-Brézé, qui vint répéter l'ordre du Roi de quitter la salle, Bailly répondit calmement : « Je crois que la nation assemblée ne peut pas recevoir d'ordre. » Mirabeau, cette fois, s'emporta : « Allez dire à ceux qui vous ont envoyé que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la puissance des baïonnettes... » Quand Louis XVI apprit le refus de dispersion de l'Assemblée nationale, il haussa les épaules : « Ils veulent rester; et bien, foutre, qu'ils restent! » Dans son esprit, ce n'était que partie remise : il attendait que les régiments « fidèles » arrivent de province et s'installent autour de Paris.
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