Les multiples causes de l'émeute
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gardes-françaises-1789
Le 30 avril, deux des émeutiers sont pendus... sous les murs de la Bastille. Plusieurs pillards, qui s'étaient oubliés dans la cave de Réveillon, sont exposés au pilori et marqués au fer rouge des trois lettres « Gal » : un billet sans retour pour les galères royales.
Sur ses causes, les interprétations sont multiples. Barbarie des foules livrées à elles-mêmes (Taine), porteuses en germe de tous les excès futurs. Manet du Pan, déjà, l'écrivait ; Les Huns, les Hérules, les Vandales et les Goths ne viendront ni du Nord ni de la mer Noire : ils sont au milieu de nous. Un pan entier de l'historiographie se nourrira de ces images de foules déchaînées...
Complot ? On s'étonne de la tardive réaction des autorités. On raconte aussi que la plupart des meneurs portaient sur eux l'argent de ceux qui les avaient poussés à l'émeute, agents du duc d'Orléans ou du gouvernement : d'où la thèse d'une opération montée de toutes pièes pour discréditer la cause du Tiers en le divisant, pour, peut-être, à la faveur des troubles, ajourner une nouvelle fois les Etats.
Dès 1789, l'affaire Réveillon dérange : elle laisse apparaître trop de clivages. Des émeutiers soulevés au cri de « Vive le Tiers » contre un respectable manufacturier, électeur et défenseur du Tiers, au moment même où le troisième ordre cherche à prouver, à l'occasion des Etats, qu'il est un bloc, mieux, la nation entière...
Et il faut bien ajouter une répression féroce menée par les gardes-françaises, ce même régiment qui, deux mois et demi plus tard, sera, en tournant ses fusils contre la Bastille, le grand héros du 14 juillet. La rumeur, enfin, la mascarade carnavalesque, la puissance d'une foule désorganisée, éléments tous odieux au nationalisme qui anime les patriotes des Etats généraux.
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Emeutes en avril 1789