Sauvez la reine ! On vient pour l'assassiner !
rideau
marie antoinette au balcon à versailles en 1789
Il était 2 heures passées, le 6 octobre, à l'aube. Quelques émeutiers aperçurent une grille laissée entrouverte (par négligence ou par ordre, et de qui ?). Ils pénétrèrent dans la cour des princes et le jardin. En un instant, ils furent plusieurs centaines qui s'engouffrèrent dans le grand escalier. Ils assaillirent un garde du corps en faction devant la porte des appartements. On l'entendit crier :
— Madame, sauvez la reine ! On vient pour l'assassiner !
On le massacra. De salle en salle, les émeutiers progressaient vers la chambre de Marie-Antoinette, blessant ou tuant les gardes qui résistaient. La reine avait trouvé refuge auprès du roi. Mme de Tourzel, nouvelle gouvernante des Enfants de France, y avait conduit le dauphin et sa soeur aînée. Les derniers fidèles entouraient la famille royale! A la tête des gardes françaises, Vaudreuil repoussa les émeutiers et leur arracha les gardes du corps prisonniers ou blessés. Lorsque La Fayette reparut au château, flanqué de son brillant état-major et des quatre commissaires de la Commune, il y avait une heure que l'ordre était rétabli... Mais enfin le château restait cerné par l'émeute ; on pouvait craindre à tout instant que l'assaut ne fût donné. Mme Campan affirme que le duc d'Orléans avait été reconnu, à 4 heures et demie du matin, au haut de l'escalier de marbre, bien qu'il fût en redingote sombre, avec un chapeau sur les yeux : il montrait le chemin aux émeutiers. Si ce n'était le futur Philippe Egalité, ce pouvait être un de ses affidés.
La foule réclamait la reine. Elle parut au balcon, plus morte que vive, avec son fils et sa fille. On cria : « Pas d'enfants ! » Ce cri, parti des premiers rangs, équivalait à un arrêt de mort. On retira le dauphin et sa soeur. Marie-Antoinette resta seule sur le balcon, offerte à la haine du peuple, en paiement des fêtes de Versailles, des robes de Rose Bertin, des pensions de Lamballe et de Polignac, des délices de Trianon et de sa fidélité à Joseph II. Le courage de l'Autrichienne impressionna la foule. Si l'on avait armé des fusils, comme il est probable, ils ne partirent pas. La Fayette et le roi parurent enfin. « A Paris ! A Paris ! » criaient les poissardes et leurs compagnons. Louis demanda silence et dit :
— Mes enfants, vous voulez que je vous suive à Paris, j'y consens, mais à condition que je ne me séparerai pas de ma femme et de mes enfants. II fut acclamé. Partout retentissaient les cris de Vive le roi et Vive la nation! En signe de réjouissance, il se fit une décharge générale de tous les fusils.
anecdote
accueil
Accueil
Echec au roi