Lucile Desmoulin
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En 1790, Camille épouse Lucile à l'église Saint-Sulpice. Les époux ont pour témoins Robespierre, l'ancien condisciple de Ca-mille au collège parisien Louis-leGrand.
Camille est désormais le pamphlétaire redouté très lu et presque riche de La France libre. Le jeune couple habite à Paris, au coin de la rue Crébillon et de la place de l'Odéon. Outre l'ami Robespierre, qui fait bientôt sauter sur ses genoux un petit Horace, Danton est un habitué de la maison avec sa jeune femme l'une des meilleures amies de Lucile. Fouquier-Tinville, futur procureur de la Terreur, n'est encore qu'un cousin de Camille, qui sollicite humblement l'aide de ce brillant parent. Ils forment un couple où il n'y a ni dominant ni dominé, un couple harmonieux, qu'on pourrait dire moderne. Tandis qu'elle gagne en gravité et partage le combat de son mari, il s'inquiète, sous l'influence de sa femme, d'une politique que la guerre et les menaces contre-révolutionnaires tendent à rendre terrible.
Il n'a pas plus tôt applaudi à la chute d'Hébert et des ultrarévolutionnaires, qu'il se sent lui-même visé, avec Danton, comme Indulgent. Telle est l'implacable voie républicaine que suit désormais Robespierre au-dessus des factions et contre elles. Camille est arraté fin mars 1794, avec Danton et ses partisans. Survient la Conspiration des prisons : un complot se tramerait pour faire évader les inculpés à la faveur d'un soulèvement général des prisonniers. Lucile Desmoulins, qu'on voit courir dans tout Paris pour ameuter les amis de Camille, s'apprêterait à distribuer de l'argent pour obtenir des complicités. Or, on sait les prisons surpeuplées, la garde insuffisante. Robespierre prête foi à cette fable et laisse arrêter Lucile.
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Les dantonistes, après un procès retentissant, sont exécutés le 5 avril 1794. Lucile, murmure Camille juste avant que le couperet tombe. Elle le suit huit jours plus tard sur l'échafaud. Elle a 23 ans, se dit heureuse de le rejoindre et, le dernier jour, répond à un codétenu qui tente de la consoler : «Regardez-moi. Ai-je l'air d'une femme qui a besoin d'être consolée ?». Les témoignages concordent : elle parait sur la charrette aussi gaie que si elle se rendait a quelque fête. Nul hé-risme, pas de grande déclaration. La mort est une affaire intime. Elle a écrit une dernière fois à sa mère «je vais m'endormir dans le calme de l'innocence..» Et a demandé comme épitaphe : Elle aima.
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