Théroigne de Méricourt
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Théroigne de Méricourt
Elle débarque à Paris au mois de mai 1789. La Révolution tombe sur elle comme une révélation. Après la prise de la Bastille elle se passionne pour les travaux de l'Assemblée au point de s'installer à Versailles, afin de passer ses journées entières a assister aux débats depuis les tribunes, et de fonder avec son ami et soupirant Gilbert Romme un Club des amis de la Loi qui se donne pour but d'expliquer au peuple les lois nouvelles.
C'est à Versailles que la surprend l'insurrection des 5 et 6 octobre 1789 On la voit, habillée en amazone comme à son habitude, circuler au milieu des femmes venues de Paris pour demander du pain. Sa personnalité trop voyante et sa ferveur quasi mystique pour la Révolution l'ont déjà désignée à la haine des royalistes. Il n'en faut pas plus, cette fois, pour que leur journal «Les Actes des Apôtres» l'accuse d'être l'une des meneuses des journées d'octobre. On prétend même qu'elle a voulu assassiner la reine! Fuyant ces accusations mensongères et une action intentée contre elle par le tribunal du Châtelet, Théroigne doit retourner dans son pays natal, dégoûtée. Mais la rumeur l'y a précédée. Dans la nuit du 15 au 16 février 1791, elle est enlevée par des aristocrates en exil et livrée a la justice autrichienne. Elle est en effet, en tant que Liégeoise, sujette de l'Empereur. On la soupçonne d'être revenue en Brabant pour y fomenter un complot révolutionnaire contre les Pays-Bas autrichiens. Elle reste emprisonnée neuf mois à Kufstein, une forteresse du Tyrol, le temps dy rédiger un mémoire que l'Empereur lit en personne. Léopold II la convoque alors à Vienne, s'entretient avec elle et, convaincu de son innocence, ordonne sa libération !
Son retour a Paris est presque un triomphe. Cette étrange aventure la rendue populaire. Elle entre désormais pleinement dans la peau de son personnage. Elle réclame pour les femmes l'égalité des droits civils et politiques et propose de lever, contre toutes les monarchies, des bataillons féminins. On la surnomme La belle Liégeoise, L'amazone rouge ou La furie de la Gironde. Lors de l'inssurection du 10 août 1792, qui renverse la monarchie, elle entre dans les Tuileries avec les fédérés marseillais. Le 13 mai 1793, elle est prise à partie par des femmes jacobines qui lui reprochent sa fidélité à Brissot, le chef du parti girondin défait. Elle reçoit devant la Convention la «fessée patriotique». Marat intervient, interrompt ce scandale, mais l'humiliation est telle qu'elle en perd la raison, ce qui la sauva. Sa folie avérée lui évite de rejoindre, dans les terribles jours de novembre 1793, Olympe de Gouges et Mme Roland sur la fatale charrette vers l'échafaud. La Révolution pour elle est finie. En 1794, elle est internée à l'Hôtel-Dieu, puis à La Salpêtrière Elle y devient l'un des cas les plus célébres du docteur Pinel, le grand aliéniste de l'époque. Et y passe vingt-trois années, nue, s'arrosant d'eau glacée, ne parlant que de liberté et de révolution. Elle meurt, sans avoir recouvré la raison, en 1817
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