Rabaut Saint Etienne
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Élu aux États Généraux par le Tiers État de Nîmes, il s'occupa principalement de questions religieuses et acquit la réputation d'un Grégoire protestant; au Comité de constitution, il se déclara monarchiste, ne pouvant envisager le système républicain que pour de petits pays. Après la dissolution de la Constituante, il resta à Paris et tint le bulletin politique de l'Assemblée législative pour le Moniteur. Il publia un Précis de l'histoire de la Révolution qui eut un succès d'estime. Entre-temps, ses idées au sujet d'une république possible avaient évolué : la fuite du Roi avait radicalisé son opinion. Aussi, quand il fut élu à la Convention (par l'Aude) se déclara-t-il franchement républicain.
Quoiqu'il siégeât avec les Girondins, il fut constamment partisan de la conciliation entre Paris et les départements, que ce soit dans les colonnes de la Chronique, ou à la tribune. Il vota contre la peine de mort de Louis XVI et se prononça contre Marat. Par ailleurs, ses idées sociales, exposées notamment dans la Chronique du 19 janvier 1793, étaient très « égalitaires », mais passèrent inaperçues, la politique pure étant au premier rang des préoccupations du moment.
Le 20 mai 1793, il fut nommé dans la commission dite des Douze, chargée d'enquêter sur les complots contre la représentation nationale; le 31 mai, il tenta de défendre l'action de cette commission devant la Convention. Mais les événements se précipitaient; il fut décrété d'arrestation le 2 juin avec ses collègues girondins. Il s'enfuit. Saint-Just tenta, le 9 juillet, au nom du Comité de Salut Public, de rappeler à la Convention ceux qui avaient été « trompés » et non pas coupables. Rabaut Saint-Étienne en était, mais les conclusions du rapport furent ajournées.
Rabaut se réfugia à Versailles, puis dans une famille catholique à Paris. Il fut découvert lors d'une perquisition. Après constatation de son identité, il fut immédiatement conduit à l'échafaud, le 5 décembre 1793. Son frère, Rabaut Pomier, lui aussi conventionnel, mais plus discret, qui avait été également arrêté, aura la chance d'être oublié à la Conciergerie et de pouvoir en sortir après le 9-Thermidor. L'épouse de Rabaut Saint-Étienne, pendant la fuite de celui-ci, s'était donné la mort, le 13 octobre, à Nîmes, en se tirant un coup de pistolet, assise sur la margelle d'un puits : elle fut précipitée au fond de l'eau...
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