Biron, duc de Lauzun
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Il devint l'ami du duc d'Orléans, de Mirabeau et de Talleyrand et fut élu aux États Généraux par la noblesse du Quercy. Il sortit de la séance nocturne du 4 août, sidéré : « Messieurs, qu'est-ce que nous avons fait? » Comme on l'avait beaucoup vu dans l'entourage de Philippe d'Orléans lors des journées des 5-6 octobre, on lui demanda de partir un moment pour se faire oublier. Mais il resta à Paris jusqu'à la fin de la Constituante. Admis à rentrer dans les cadres de l'armée, il devint à l'Armée du Nord chef de l'état-major de Rochambeau, qu'il avait déjà servi en Amérique. Il fut ensuite chargé du commandement en chef de l'Armée du Rhin et de celle du Var. Puis, à partir de mai 1793, de celle de La Rochelle qui luttait contre l'insurrection vendéenne. Il s'y montra habile mais entra en conflit avec le général Rossignol, qui avait la confiance des Jacobins. Lauzun, ci-devant duc, n'avait pas la cote : il fut rappelé à Paris pour présenter sa justification. Il le fit avec une telle impertinence que le Comité de Salut Public, qui n'appréciait pas ce genre d'humour, l'envoya en prison le 16 juillet. Il aurait pu s'y faire oublier.
Mais il insista pour être jugé : fatigué, comprenant que les temps nouveaux n'étaient pas faits pour lui, la vie avait perdu tout intérêt à ses yeux, d'autant plus que la prison avait achevé d'altérer sa santé. Sachant ce qui l'attendait, il parut devant le Tribunal révolutionnaire le 29 décembre 1793, et répondit à son interrogatoire d'identité : « Chou, navet, Biron, comme vous voudrez. » Et quand on lui reprocha sa conduite en Vendée, il déclara, sans essayer de se justifier : « Vous ne savez pas ce que vous dites, vous êtes des ignorants qui n'entendez rien à la guerre. Finissez vos questions. » Quand le bourreau vint le chercher, le ci-devant duc de Biron était installé devant une douzaine d'huîtres; il prit le temps de terminer les coquillages et lui offrit un verre de vin.
Armand-Louis de Gontaut, duc de Biron
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